Lundi 5 janvier 2009
Chapitre IX


Le lendemain, alors que la lueur du jour ne s’était toujours pas montrée, Blaïse vint les réveiller. Ils le suivirent jusqu’à deux splendides chevaux blancs :

- Voici vos montures, quand vous n’en aurez plus besoin, elles reviendront ici. Dans ce sac, vous trouverez eau et vivres. Voici la carte qui vous conduira à votre destination, notre souverain désire que vous la brûliez une fois arrivé a bon port. Partez à présent et bonne chance.
- Merci pour tout. Féa tu es prête ?
- Oui, partons !

Ils s’élancèrent tous deux au galop, leurs chevaux allaient si vite qu’ils semblaient voler. Après deux jour de chevauchées, ils arrivèrent enfin devant les portes de la cité. Ils y furent accueillis par Linnount, la gardienne des portes.

- Que venez vous faire à Faelle ?
- Nous sommes venus voir la mère d’un ami qui a besoin d’aide.
- Qui est cet elfe que vous prétendez votre ami ?
- Il se nome Yolm.

Linnount leur ouvrit les portes, ils entrèrent et une fois les portes franchies, celles-ci se refermèrent.

- Je suis sa mère, où est-il ? Comment va-t-il ?
- Il est vivant, mais à beaucoup changé.

Nos deux amis lui expliquèrent la situation.

- Très bien, quand il sera arrivé je m’occuperais de lui, en attendant allez vous restaurer, suivez-moi.

Elle les conduisit dans la grande salle où les festins avaient généralement lieus. Elle s’assura qu’ils ne manqueraient de rien et les laissa

***

Quelques heures à peine après l’arrivée de Tylur et de Féa, Yolm était aux portes de la cité. Linnount lui ouvrit les portes et se précipita vers son fils pour le prendre dans ses bras, mais celui-ci la repoussa :

- La cité n’a pas été attaquée ?
- Non, il fallait juste que je te parle, je savais que tu ne viendrais pas si je n’utilisais pas cette ruse.
- Tu avais raison, je ne serais pas venu, je t’ai sfait la promesse de réunir le cristal et tu me retardes.
- Tu as bien changé, je ne te reconnais plus…
- Le temps m’a semblé bien long.

Il enleva sa cape noire.

- Mais tu n’as plus tes ailes ?
- C’est une longue histoire dont tu connaîtras l’issue le moment venue. Que   voulais-tu me dire de si important pour venir ainsi perturber ma quête ?
- Bien des choses mon fils, mais allons parler en un lieu plus paisible et loin des oreilles indiscrètes.

Il la suivit près de l’arbre mémoire où ils s’assirent, elle lui servit un verre :

- Avant de te dire pourquoi je t’ai fait venir, parle-moi de toi, comment vas-tu ?
- Mieux que jamais.
- Tu n’as rencontré personne pour t’aider dans ta quête ?
- Oui et non.
- Combien de cristaux as-tu en ta possession ?
- Trois.
- Lesquels ?
- Le vent, la terre et le feu.

Il but le verre.

- Tu as bien avancé, il ne t’en reste plus que deux, l’eau et celui de la sincérité. Le premier te sera facile à obtenir mais le second…

Yolm s’effondra et s’endormit.

- Vous pouvez venir, la potion a fait son effet.

Astara, Similine et Slamonel entrèrent.

- Commençons à présent, je ne sais pas si le somnifère fera longtemps effet.
- Oui, dépêchons-nous. Il a tant changé que cela ?
- Il n’a plus la joie de vivre que nous lui connaissions, il n’est plus celui que j’ai élevé et a qui nous nous sommes tous liés…

Linnount avait le cœur gros et retenait ses larmes. Le rituel d’initiation allait de nouveau avoir lieu, la première fois, Yolm n’avait eu aucune difficulté à le passer, il ne restait plus qu’à espérer qu’il en serait de même cette fois-ci. Ils l’allongèrent sur le dos. Ils lui firent boire une bien étrange mixture et tous prononcèrent des incantations. Puis ils immergèrent Yolm dans un bain d’onguent aux propriétés apaisantes afin de le rendre plus réceptif aux incantations. Des encens et des bougies entouraient le bain. Les quatre avariels invoquèrent diverses divinités et récitaient des incantations. Ils faisaient appel à tous leurs pouvoirs. Yolm était immobile et toujours inconscient, il était à présent totalement immergé dans le bassin. Linnount, Astara, Similine et Slamonel se blessèrent à la main et firent couler leur sang dans le bain où se trouvaient Yolm, ainsi, ce dernier fut de nouveau lié par le sang avec les avariels. Ils le sortirent de « l’eau » et l’étendirent sur des bambous posés au sol, ils placèrent sur tous son corps, de pétales de Lys. Après un moment, les ailes du jeune elfe se mirent à pousser, ses yeux redevinrent verts et sa peau retrouva son éclat naturel. La cérémonie s’acheva par des chants en remerciement aux dieux.


- Conduisons le dans sa couche et n’oubliez pas, tout ceci doit rester entre nous.
- Ne t ‘inquiète pas, nous avons déjà tous oublié ce qu’il vient de se produire.

Ils le conduisirent  dans sa couche et le laissèrent seul. Sa mère alla trouver ses amis.

***

Elle entra dans la grande salle et vit les deux jeunes elfes attablés, ils n’avaient pas touché à leurs assiettes :
- Vous n’aimez pas ?
- Ce n’est pas ça, pardonnez nous, nous n’avons pas faim.
- Vous êtes trop inquiet pour mon fils…
- Comment va-t-il ? Avez-vous pu l’aider ?
- Le reste s’est à lui de se battre s’il veut revenir.
- Pouvons-nous le voir ?
- Biensur, il a besoin de ses amis.
- Ne vous inquiétez pas, il est solide, je l’ai vu se sortir de situations plus périlleuses.
- Je le sais. Suivez-moi.

Elle les conduisit au chevet de son fils et les laissa seuls. Ce dernier s’était déjà réveillé :

- Que fais-je ici ?
- Comment te sens-tu ?
- J’ai l’impression que cent orcs me sont passés dessus. Mais pourquoi sommes-nous ici ?
- Que te rappels-tu ?
- Je me souviens que j’étais blessé, dans une des chambres du palais de Fanui. Mais pourquoi sommes-nous à Faelle ?
- Je n’ai pu soigner tes blessures qui étaient bien trop importantes, nous avons pensé que les tiens pourraient te soigner.
- Combien de temps suis-je resté ici ?
- Quelques jours.
- Et les cristaux ?
- Nous avons récupéré celui de la terre.
- Il faut que nous repartions au plus vite, il ne nous en manque que deux !

Linnount entra dans la pièce.

- Tu veux déjà repartir ?
- Il faut que nous trouvions les deux autres.
- Reposez vous ici pour la nuit et partez demain à l’aube.
- Oui, tu as raison, nous aurons besoin de toutes nos forces.
- Féa, Tylur, suivez-moi je vais vous conduire à vos chambres.
- À demain Yolm, que la nuit te soit douce et reposante.
- Merci, pour vous aussi.

Linnount les conduisit dans leurs chambres et les laissa se reposer.

Chapitre X


    Quand les premiers rayons du soleil se montrèrent nos trois amis partirent pour les Larmes du Désespoir, s’étaient les mers du sud, elles portaient se nom car peu d’êtres ayant navigués sur ses eaux peuvent se vanter d’en être revenu. Yolm n’eut pas le temps de dire adieu à sa mère. Il le regrettait fortement car au fond de lui il sentait que l’un d’entre eux ne reviendrait pas et se serait peut-être lui. Il ignorait d’où lui venait cette certitude, mais il le sentait tout au fond de lui…

    Ils mirent quatre jours pour atteindre les Larmes du Désespoir et quand ils  arrivèrent, ils furent époustouflés par la beauté du paysage et durent retenir leur souffle. L’eau était calme, pas une ride venait perturber sa surface. L’eau était bleu azur, de petites vagues allaient et venaient faire rouler de petits cailloux sur le sable fin de la plage. Le sable fin était blanc, un petit vent léger venait le soulever par moments et entamait une  étrange danse circulaire avec lui. Les dunes fusionnaient avec  la plage et étaient couvertes d’herbes vert pâle. Au loin on voyait une jetée qui plongeait dans la mer, les vagues venaient s’y briser avec violence. Le temps semblait s’être suspendu.

    Nos trois amis descendirent de leurs montures et s’engagèrent sur la plage. Ils ne voyaient rien qui ne puisse laisser penser qu’un temple avait été bâtit en ses lieux vierges de toute civilisation.

- Sous l’eau, je suis sûre qu’il est là.
- Il n’y a que toi Féa qui puisse aller voir, Tylur et moi ne pouvons respirer sous l’eau… Va juste voir s’il y a quelque chose et reviens, c’est trop dangereux pour une personne seule…
- J’y vais.

Féa plongea dans la mer, Tylur et Yolm restèrent à observer son retour. Ils scrutaient la surface de l’eau pour voir quand elle reviendrait. Ils étaient très soucieux car ils savaient que de grands dangers régnaient dans les profondeurs… Tylur était le plus inquiet des deux, il se souvenait de ce que Yolm avait dit à Féa. Il se souvenait qu’il lui avait dit qu’elle ne verrait jamais ce dernier cristal…

Au bout d’un moment, Féa revint à la surface, elle sortit de l’eau, elle avait le visage radieux, comme si elle avait retrouvé les siens.

- Le Temple est bien, comme nous le pensions, sous l’eau. Il est totalement immergé, les couloirs sont inondés. Je suis la seule à pouvoir récupérer le cristal.
- Nous devons trouver une solution, tu ne peux y aller seule.
- Il le faut, souhaitez-moi bonne chance !

Elle commença à se diriger vers la mer quand Tylur la rattrapa et lui chuchota :

- Fais bien attention à toi, souviens toi de se qu’a vu Yolm…
- Je sais ne t‘inquiète pas.
- Prends cette dague, mets la a ta cheville…
- Merci.

Sur ces mots, elle s’enfonça dans la mer jusqu’à disparaître totalement.


***

Les fonds marins étaient calmes et silencieux. Elle vit le temple qui était fait de pierres et entra dedans. L’entrée était une grande salle qui débouchait sur un couloir. Elle pénétra dans le couloir et vit l’entrée d’une autre grande salle. En son centre, un pilier de lumière l’appelait.

- Entre dans la lumière, n’ai crainte…

Elle y pénétra, elle était immobile et ne pouvait plus bouger. Un elfe des mers apparu, il était immense, ses cheveux bleu flottaient et remuaient avec les courants. Il était vêtu de corail et d’algues et tenait un trident dans sa main :

- Que viens-tu faire dans mon domaine, jeune hérétique ?
- Je viens chercher le cristal de l’eau.
- Pourquoi ?
- Pour empêcher le mal de se répandre et ainsi sauver notre monde.
- J’aime ce cristal, pourquoi devrai-je te le donner ?
- Si le monde disparaît, tu disparaîtras aussi.
- Qu’es-tu prêtes à me donner en échange ?
- Que veux-tu de moi ?
- Tu ne m’as pas répondu !
- Ma vie.
- Alors qu’il en soit ainsi, le cristal reviendra à tes amis ainsi que ton corps, mais ta vie, je la prends.

Le cristal qui ornait se mit à briller et Féa perdit conscience.

***

Tylur et Yolm virent e cristal sortir de l’eau, il était très lumineux. Il vint se poser dans la main de Yolm. Les vagues ramenèrent le corps de Féa. Les deux elfes accoururent et Yolm la prit dans ses bras. Son corps était froid et raide, sa peu avait bleui, ses cheveux étaient plaqués sur son dos. Yolm eut beau l’appeler et l’appeler encore et encore, elle ne lui répondit pas. Il fallait se rendre à l’évidence, elle n’était plus.

Dans un silence qui voulait dire beaucoup, Yolm et Tylur lui firent un autel de sable, ils la déposèrent dessus et l’enflammèrent.

Des larmes brûlantes de colère mais aussi de tristesse coulaient le long des joues des deux amis. Ils avaient partagé tellement de choses tous les trois, Tylur s’attendait à tous moment d’entendre une remarque ironique ou sarcastique de Féa. Quant à Yolm, il s’attendait à la revoir sourire…

Soudain, sorti de nulle part, vint un dragon noir. Il se posa près du brasier, il était immense et magnifique. Ses écailles noires avaient des reflets bleus et ses yeux étaient aux couleurs de la mer, bleu azur. Tylur et Yolm posèrent lentement leurs mains sur les fourreaux de leurs épées :

- N’ayez crainte, je viens en paix. Pardonnez-moi d’intervenir en pareil moment, mais cela fais bien longtemps que je vous cherche.
- Qui es-tu ?
- Je me nome Voldemort, je suis le gardien de cristal de la sincérité.
- Je me nome Yolm et voici Tylur… Tu l’a en ta possession ?
- Oui.
- Qu’attends-tu pour nous le remettre ?
- Je ne peux vous le donner ainsi, je n’en ai pas le droit. Je dois vous faire passer une épreuve.
- Laquelle ?
- Vous devez vous battre à mort, le survivant sera digne de recevoir le cristal.
- Nous battre à mort ? Mais comment peux-tu croire que nous le ferons ? Nous sommes amis, jamais nous nous entretuerons pour ton bon plaisir !
- C’est la règle.
- Il te faut un mort pour nous donner le cristal ?
- C’est ça !
- Alors le voilà !

Tylur prit son épée et voulu se transpercer avec, le dragon l’en empêcha de justesse et à l’aide de sa queue la fit voler loin de son proriétaire. Elle alla se planter dans le sable.

- Pourquoi as-tu fait cela ? Il te fut un mort.
- Non, une preuve.
- Une preuve ?
- Que votre amitié et sincère et je l’ai à présent. Tiens prends ce cristal.

Sur ces mots, le dragon prit son envol et tournoya au-dessus de nos amis avant de partir.

- Merci.
- Assemblons les cristaux.

Ils assemblèrent le cristal, celui-ci se mit à dégager une lumière blanche aveuglante. Cette lumière les entoura et ils virent apparaître Gaïa.

- Votre quête s’achève ici. Vous avez sauvé votre monde et prouvé qu’il existait encore des êtres bons.
- Mais que va devenir le cristal ?
- Je l’emmène avec moi pour que tous ceci ne se reproduise jamais. Toi Tylur, ta quête intérieure n’est pas achevée, je te souhaite bonne chance. Quant à toi Yolm, ton temps est écoulé, les sylvains l’ont expliqué à ton ami, ton corps reste mais ton esprit par avec moi rejoindre celle que tu as toujours aimée sans jamais lui dire : Féa. Adieux Tylur.

Gaïa partie, emmenant l’esprit de Yolm avec elle et laissant son enveloppe charnelle vide. Tylur se retrouvait de nouveau seul, mais il savait que quelque part ses deux amis veilleraient sur lui. Il embrasa le corps de Yolm près du bûcher où se trouvait celui de Féa et parti pour mener à bien sa quête intérieure.










Fin du Cristal Désunit.
Par Rickaël - Publié dans : Le Cristal Désuni
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