Chapitre
V
Nos deux héros se retrouvèrent près de Nolë qu’ils avaient laissée à l’entré du
temple. Ils se regardèrent, abasourdis par ce qu’il venait de se passer. Ils se retournèrent vers Nolë et virent quelqu’un près d’elle.
Il était tout vêtu de noir, Il portait une cape et était dissimulé sous sa capuche. On ne voyait pas son visage. Yolm et Féa étaient très surpris de voir un être autre qu’un Orc ou un Gobelin.
Yolm s’avança vers lui.
- Bonjour.
L’être lui fit un signe de la tête. Yolm continua :
- Que faites-vous là ?
- Je vous attendais. Dit-il simplement
- Vous nous attendiez………. Mais que voulez-vous dire ? Et qui êtes-vous ?
L’être se leva du rocher où il était appuyé… Et enleva sa capuche. Il avait les cheveux naturellement blancs, la peau noire, les oreilles pointues, les yeux en amande et violets. Il était de
stature similaire aux Elfes de la surface.
Les Drows ressemblaient aux Elfes, dont ils étaient comme le reflet en négatif: sveltes, gracieux, agiles et secrets. Mais la similitude s'arrêtait là car la plupart des Drows étaient maléfiques,
tueurs impitoyables prisonniers d'une société cloisonnée en castes et dominée par la cruauté de la Lune Noire (les nuits sans lunes). Ils la vénéraient.
Ils fuyaient la société parce qu’ils n’en partageaient pas la philosophie. Pour survivre, ils avaient dû s’exiler.
Cependant, ils se heurtaient aux préjugés des peuples vivant sous le soleil, dont ils devaient gagner la confiance et à qui ils devaient sans cesse prouver par leurs actes qu’ils étaient tous
différents les uns des autres. Et surtout qu’ils n’étaient pas tous vils et malfaisants.
Ils avaient des pouvoirs innés et très puissants. Ils maîtrisaient plusieurs dons : la Nécromancie, les Invocations, la Conjuration et l’Enchantement. Les mages Drow utilisaient une magie
particulière, adaptée à leur habitude d'agir en silence. Ils avaient développé une compétence spécifique, la Magie Gestuelle.
Leur comportement était pour beaucoup chaotique et mauvais. Les individus Bons étaient très rares, et survivaient rarement dès que leur nature se révélait. Les Drows loyaux étaient donc rares,
mais celui qui en obtenait des amis véritablement dévoués était traité généralement avec une grande considération même si cela n'était jamais affiché en public (ce serait révéler une
faiblesse).
Les Drows étaient des créatures de l'ombre et de la nuit, et n'aimaient pas la lumière vive qui les aveuglait et blessait leurs yeux sensibles. Ils évitaient, pour la plupart car certains
s’étaient adaptés, le plein soleil et les zones brillamment éclairées. Ils portaient toujours d'amples capuchons rabattus sur leur visage quand ils sortaient en plein jour. Une lumière de faible
intensité (lumière du jour sous abri, extérieur jour nuageux, lampe, torche, lueur féerique, aura d'une arme magique) ne les gênait pas.
- Je me prénomme Tylur (loup), je viens de la cité de Lüüana. Je suis au courant de ce qu’il se trame, le cristal a de nouveau été brisé. Il faut le sceller à nouveau…
Yolm était étonné que le Drow en sache autant.
- Tu as l’air étonné jeune elfe… Chez nous aussi il y a des légendes, nos souvenirs nous sont racontés par nos aînés. Mon peuple savait que les Avariels s’en souviendraient, c’est pour cela qu’il
ne veut pas agir, il pense qu’un autre le fera, trop occupé à se quereller entre eux. Moi je pense que nous devrions tous agir… Il soupira. Je connaissais l’emplacement de ce temple car il est
dans nos légendes. Je savais donc que vous passeriez par ici tôt ou tard. Je viens donc te donner mon aide, jeune… Euh… Avariel…
Tylur avait l’air troublé par l’apparence de Yolm. Ce dernier portait des ailes et des vêtements d’Avariels, pourtant il ressemblait plus à un Elfe des Bois. Le Drow fit mine de ne rien avoir
remarqué et continua.
- Cependant je ne savais pas que le peuple des Elfes des Mers était au courant de ce qu’il se trame, Noble Dame et je m’en excuse.
- Nous n’en savions rien. Féa sourit.
Yolm la retenait et chuchota.
- C’est un Drow, ne lui fais pas confiance. N’écoute pas ses flatteries, les Drows sont fourbes.
Féa se retourna vers Yolm et lui fit signe de la lâcher.
- Ne juge point si tu ne veux pas être jugé. C’est aussi son monde qui est en grand danger ! Il a le droit et même le devoir de faire quelque chose et de nous aider. Ne le juge pas avant de le
connaître !!
Elle reprit :
- Mon peuple avait ressenti qu’il se tramait quelque chose, mais il ne savait quoi. C’est sur ma propre décision que je suis partie seule pour apprendre ce qu’il se passait. C’est là que ma route
a croisé celle de mon ami et depuis nous ne nous sommes pas quittés. Elle sourit à Tylur. Mon nom est Féa, je viens des Mers de Fàwë (neige) et voici mon ami et Nolë, sa monture. Je les
accompagne partout et les aides du mieux que je peux.
Yolm regarda Tylur dans les yeux et lui dit :
- Mon nom est Yolm, je viens de la grande Cité de Faelle. Es-tu sûr que tes intentions sont honorables ?
Yolm ne lâchait pas son regard. Il voulait essayer de sonder son âme.
- Bien sûr qu’elles le sont ! Me serais-je donné la peine de venir seul, de me présenter et de vous proposer mon aide ? Je vous aurais attaqué par surprise et je vous aurais pris ce qui
m’intéressait sans vous laisser le temps de réagir.
- Il a raison Yolm… Il me semble que nous pouvons lui faire confiance.
- Très bien Féa, tu as peut-être raison. Pardonnes-moi mon animosité Tylur. Yolm soupira. Il nous faut nous procurer des vivres et de l’eau. Tout est tombé quand tu as failli passer par-dessus le
pont et finir dans la lave. Il faut absolument qu’on s’en procure d’autre !
- Je sais où en trouver, mais il faut que vous me fassiez confiance. Venez avec moi à Lüüana. Nous pourrons nous y reposer et nous y restaurer, ainsi que prendre des vivres et de l’eau.
Féa et Yolm se regardèrent.
- Mais…
- Je garantirais votre sécurité. Chez nous on ne s’attaque jamais aux amis de nos frères.
- Es-tu sûr de toi… Nous ne risquerons rien… Féa soupira. Je te parais peut-être très méfiante quoique je n’ai jamais rencontré de Drow au par auparavant… C’est juste qu’avec tous ce qu’il se dit
sur ton peuple… Je préfère me méfier.
- Je te comprends… Un Elfe averti en vaux deux.
- Très bien, je pense que nous pouvons te faire confiance, nous allons te suivre… Il est vrai que nous n’avons pas trop le choix non plus de toute manière ! Nous n’avons plus de vivres et d’eau !
Lança Yolm en souriant.
- C’est vrai. Tylur éclata de rire et reprit d’un ton grave : Par contre il vous faut laisser partir la licorne.
Féa et Yolm ne rigolaient plus en entendant ces mots.
* Abandonner Nolë ?! Mais pourquoi ? *
Ils regardèrent la licorne et Yolm s’avança vers Tylur :
- Mais pourquoi ?
- Vous connaissez le pouvoir des cornes de licornes ! Pour les Drows, elles représentent une source de pouvoir immense et beaucoup d’entre nous, cherchent à s’en procurer le
plus possible… Par tous les moyens. Ils n’hésiteront donc pas à s’en prendre à Nolë !
Yolm et Féa fixèrent la licorne, les larmes aux yeux, Yolm se dirigea lentement vers elle :
- C’est pour ton bien, lui chuchota-t’il a l’oreille.
Il lui enleva son harnachement.
- Rentre à Faelle, donne les nouvelles et pardonne- moi…Fais bien attention à toi et que Tinare te protège !
Le cœur lourd il regarda partir son amie de toujours, puis il se tourna vers ses deux compagnons :
- Je suis prêt partons.
Sur ces mots, ils prirent tous trois la route.
Durant leur chemin Tylur leur expliquait le fonctionnement de la civilisation des Drows.
Leur civilisation était basée sur un principe simple : le plus puissant devait régner, et obéir à un système de castes et à un code d'honneur strict. La position sociale était l'élément le plus
important de la société Drow, les luttes d'influence étaient permanentes, et l'assassinat un moyen courant d'atteindre son but. La règle voulait que les affrontements armés ne se fassent jamais
en public la Cité, ce qui conduisait les factions rivales à se livrer à des duels ou, à des guerres véritables dans les profondeurs les plus éloignées de leur ville.
Au sein de leur caste, les Drows avaient un comportement loyal envers leur dirigeant en place (envers le poste, non envers l'individu, qui pouvait changer du jour au lendemain suite à un complot
ou une disgrâce), tant qu'il se faisait respecter par une démonstration permanente de son pouvoir. Le leader devait donc sans cesse prouver qu'il était digne de garder cette position. Un Drow
intelligent servait ouvertement le leader de la Maison Noble ou Marchande à laquelle il appartenait, du moment que cela allait dans le sens de ses propres intérêts, et surtout s'il avait lui-même
un rang élevé. Cela lui assurait le soutien des membres les plus haut placés de la Maison, mais il saisissait toute opportunité d'améliorer sa position personnelle, en créant ou en infiltrant des
complots pour les dénoncer ensuite si cela pouvait lui rapporter davantage. Le chef du coup de force était reconnu par tous comme étant de plus grande valeur, et suivi jusqu'à ce qu'un autre
complot l'abatte à son tour... La société Drow se fortifiait par une compétition permanente, éliminait ses éléments les plus faibles qui pouvaient pervertir sa culture et la faire sombrer dans la
décadence et le laxisme qui détruisait d'autres peuples.
La société Drow était dirigée par deux grands groupes: Les Clans Marchands, et les Maisons Nobles.
Les Clans Marchands étaient généralement dirigés par des Drows, souvent des Mages. Déjà mis à l'écart de la société Drow par leur statut personnel, ils n'avaient guère de scrupules à avoir des
contacts avec l'extérieur et les autres races (ce qui serait considéré comme dégradant par un Noble, ou une Prêtresse). Considérés comme secondaires, les Marchands étaient en fait essentiels à la
survie de la communauté, et cela leur conférait une influence non négligeable, même si elle restait occulte et surveillée.
Les Maisons Nobles étaient des structures monolithiques et hiérarchisées en fonction des liens du sang, elles étaient dirigées par une Matriarche, qui était la Prêtresse de la Lune Noire la plus
âgée de la famille. Son autorité était absolue, renforcée par les Prêtresses situées sous ses ordres (généralement ses filles ou sœurs). Les mâles sont cantonnés à des rôles mineurs. Les membres
de la Maison qui ne sont pas du sang noble (gardes, serviteurs, artisans) avaient un statut déterminé par le bon vouloir de la Matriarche, et sujet à des variations brutales. Ils n’étaient guère
mieux considérés que les esclaves. Les esclaves des Drows étaient des goblinoïdes ou des humains, parfois des elfes capturés lors de raids en surface. Les Prêtresses appliquaient l'adage Diviser
pour mieux régner, entretenant habilement les rivalités entre les Maisons et se débarrassant des rebelles via des rituels meurtriers. Ceux qui échouaient lors de l'épreuve sacrée et échappaient à
la mort connaissaient un pire sort : Ils devenaient des parias de la société Drow.
Les vrais leaders de la société Drow étaient les Prêtresses de la Lune Noire, aussi perverses et cruelles que leur déesse, redoutées et respectées par toutes les castes.
Les mages de haut niveau étaient rares, car il leur fallait se plier à la surveillance des Prêtresses jalouses de leur pouvoir, ils devaient parfois quitter leur cité pour pouvoir survivre et
progresser dans leur Art, surtout s'ils faisaient mine de vouloir défier les Prêtresses et changer les règles de la société (par exemple en apaisant des rivalités et en cherchant à allier des
Maisons entre elles de manière durable, ou en contestant le pouvoir des Prêtresses). Ils étaient les plus nombreux des Drows que l'on rencontrait à la surface, généralement mâles, et pas toujours
mauvais, ils devenaient marchands, sages érudits ou aventuriers en quête de savoir et de pouvoir, utilisant leurs capacités magiques pour se protéger et se dissimuler au regard des peuples de la
surface. Ils pouvaient devenir très puissants et connaissaient des sortilèges méconnus. Ils étaient très méfiants et gagner leur confiance était difficile.
Les Drows seraient un peuple redoutable et auraient sans doute conquis le monde depuis longtemps s'ils étaient capables d'actions unifiées. Mais ils vivaient dans une paranoïa constante, faite de
complots, d'intrigues tortueuses et de guérilla incessante entre Maisons rivales, et ne faisaient confiance à personne, surtout pas à leurs pareils. Cette tendance était accentuée par leur
passion pour les richesses et le pouvoir personnel. Leur tempérament chaotique et arriviste et leur obsession du pouvoir et de l'intrigue en faisaient des alliés dangereux, car ils étaient
susceptibles de renier une alliance qui ne leur semblait plus avantageuse.
Tylur avait conclu en leur disant :
- Vous comprenez à présent pourquoi je ne reste que très peu parmi les miens.
-
Apres une demi-journée de marche, ils arrivèrent devant l’entrée de la grotte qui menait a la Cité de Lüüana. L’entrée était camouflée par des buissons et des rochers, ils auraient pu passer
maintes fois devant sans l’avoir remarquée.
La grotte était très sombre et humide, ils entendaient le ruissellement de l’eau sur les parois de la grotte. Tylur prit une troche, souffla une incantation qui la fit s’embraser, puis il leur
fit signe d’avancer. Les parois de la grotte étaient noires et étaient recouvertes de gravures menaçantes, il s’agissait de messages d’avertissements. Le sol était recouvert de sable noir et de
pierres, Yolm trébucha sur l’unes d’entre elles. Le couloir qu’ils empruntaient était très étroit et s’enfonçait vers le centre de la Terre. Plus ils s’enfonçaient dans la montagne et plus il
faisait sombre
- Ta Cité est dans la montagne ? Interrogea Yolm
Tylur fit signe que oui. Yolm avait l’air surpris. * Ainsi c’est vrai, les Drows fuient la lumière. * Il essaya de camoufler son étonnement… Mais Féa qui commençait a bien le connaître l’avait
remarqué, elle fit mine de ne rien avoir vu.
Apres quelques minutes ils arrivèrent enfin à la Cité. L’entrée était une immense porte de pierre grise, gardée par deux Drows.
Le premier était très grand et très imposant, il avait les cheveux longs et noirs tout comme ses yeux. Il portait une armure argentée et une cape noire qui laissaient voir ses multiples
cicatrices. Il en avait une sur la joue droite. Quand il les vit arriver, il s'avança vers nous mais Tylur lui fit signe que tout allait bien.
Le second était aussi gros que laid et était très petit et plutôt court sur pattes, ce qui était très rare pour un elfe. À notre arrivée, il dormait, mais le premier l'avait réveillé.
Face à eux s'ouvra Lüüana, la Cité Souterraine des Drows. Un long chemin de pierres bordées de maisons taillées dans la pierre, s'ouvrait devant eux. Tylur fit un signe de tête aux gardes pour
les remercier. Nos trois amis s'engagèrent dans le chemin. Tous les yeux étaient braqués sur eux, Féa et Yolm se sentaient mal à l'aise.
- Mais pourquoi nous regardent -ils ainsi? J'ai l'impression d'être une bête curieuse! Chuchota Féa.
- Il est rare de voir des étrangers ici. Nous devons faire face à tellement de conflits ici-bas que certains d'entre nos ont mme oublié qu'il existe un monde extérieur.
- Il est vrai que la Cité et ses habitants ne sont pas très accueillants et n'ont pas l'air très chaleureux.. Et ces deux gardes à l'entrée... Yolm se mordit la langue, conscient que ces mots
pouvaient blesser Tylur. Ce dernier fit mine de ne pas avoir entendu;
Un silence lourd régnait à présent dans la petite troupe. Voulant faire oublier l'incident en rompant ce silence pesant, Féa interrogea Tylur :
- Où nous emmènes-tu?
- Au Palais.
- Pourquoi?
- Le seigneur Fanui désire vous voir. Il nous donnera des vivres, de l'eau, ainsi que des montures pour continuer e voyage...
- Tu connais personnellement votre souverain?
- On peut dire ça...
- Il m'a élevé.
- Il doit être bon pour...
- Loin de là, mon père l'a trahi en fuyant pendant la dernière guerre elfique, il ne voulait pas tuer des elfes car pour lui, que nous soyons drow, gris, avariel ou autre, nous sommes tous
frères. Fanui, par vengeance, a fait exécuter ma mère alors qu'elle venait de me mettre au monde et quelques années plus tard, mon père s'est donné la mort.
- Mais Fanui a tenté de réparer ses fautes en t'élevant...
- Tu es bien naïve noble Féa, il ne voulait pas avoir le sang d'un nouveau-né sur les mains, le peuple se serait détourné de lui et se serait soulevé contre lui!
- Mais il t'a tout de même élevé, il aurait pu te confier à quelqu'un d'autre!
Tylur eut un sourire de côté, il avait quelque chose d'inquiétant et d'énigmatique...
- Oui, tu as peut-être raison, mais ne dit-on pas soit proche de tes amis et encore plus de tes ennemis?
Féa, le regard plein de compassion lui sourit comme pour l'apaiser, Yolm quant à lui, posa une main amicale sur son épaule. Tylur semblait troublé, mais pas par ce qu'il venait de révéler à ses
compagnons mais plutôt par le geste et le sourire affectif de ses nouveaux amis. Il prit la tête du petit groupe et après quelques minutes, ils arrivèrent devant les marches du château...
Le château était, au contraire des autres bâtisses, fait de marbre noir et de métaux couleur or. Il était très imposant, trois tours noires, dont on ne voyait pas le toit tant elles s'élevaient,
reliées entre elles par des murailles extrêmement hautes. Sur chaque pan de murs se trouvaient des meurtrières menaçantes à intervalles réguliers, on y devinait que se trouvaient derrière des
archers, la pointe de leurs flèches dépassait de certaines.
Quatre gardes se tenaient devant l'immense porte en bois ; deux d'entre eux discutaient entre eux et ne leur accordèrent pas même un regard, quant aux deux autres, ils se tannaient droits comme
des piquets et fixaient l'horizon. Soudain l'un d'entre eux remarqua notre présence, il s'avança vers Tylur et s'adressa à lui sur un ton insultant:
- Tu es en retard! Notre seigneur Fanui vous attendait! tous les trois. Entrez, ne le faite pas patienter davantage!
Le drow ouvrit la porte et Tylur fit signe à Féa et à Yolm de le suivre. Ils longèrent un long couloir très sombre, il n'y avait pas un bruit si ce n'est celui de gouttes d'eau qui tombent. Au
bout d'un moment ils arrivèrent dans la salle du trône. Là se tenait un vieux Drow grincheux qui ruminait quelques insultes à notre égard, assis sur son trône en chêne massif. Il nous jeta un
regard noir et nous dit :
- Vous voilà enfin ! Ah, la jeunesse, toujours vive et empressée, mais quand il s’agit de ponctualité, il n’y a plus personne !
Tous trois s’avancèrent vers Fanui, Yolm et Tylur le saluèrent en posant un genoux à terre et en courbant la tête tandis que Féa ne fit qu’un signe de tête… Fanui lui lança un regard noir dont il
avait le secret et semblait ne pas avoir apprécié sa familiarité.Tylur voyant le mécontentement de son souverain, s’adressa à lui après que lui et Yolm se soient relevés :
- Pardonnez notre retard seigneur, mais ces deux jeunes elfes ont rencontré quelques difficultés. Ils étaient également réticents à l’idée de venir ici et ignoraient qu’ils étaient attendus…
Voici donc Yolm l’Avariel et Féa l’elfe Aquatique, les deux elfes dont vous m’avez parlé.
- Très bien, très bien… Avez-vous eut le premier morceau de cristal ?
- Oui, ils l’ont eu.
- Bien… Hum… Fort bien même ! Je vous ai fait venir ici afin de vous donner mon aide, ou plutôt vous l’imposer. Je vous présente donc celui que vous connaissez déjà : Tylur. Je veillé moi-même à
sa bonne éducation, il est l’un de nos meilleurs mages et guerriers. Sa formation a été faite par les meilleurs maîtres dans ces deux arts, il vous sera utile en cas de coups durs.
Yolm et Féa se regardèrent, Fanui toujours aussi content de son petit effet continua :
- Ce n’est pas seulement votre monde qui court un grand danger, c’est aussi le nôtre et celui de tous les peuples qui y vivent. Ainsi, Tylur vous accompagnera en témoignage de la participation de
mon peuple dans la réussite de cette quête qui sera plus difficile que vous le pensiez de plus, se sera pour lui plus qu’un honneur immense de vous venir en aide.
Yolm s’avança respectueusement vers leur ôte :
- Biensur que toute l’aide que vous pourrez nous apporter sera la bienvenue mais pardonnez- moi si mon attitude vous semble irrespectueuse et ingrate vu que vous nous accueillez dans votre
palais, mais comment saviez-vous pour la désunification du cristal ?
Fanui appela un drow qui arriva quelques secondes plutard. Ce dernier était très immense et très fin, son visage était très marqué par le travail et très creusé, le temps n’avait pas épargné le
reste de son corps, ses mains étaient difformes et son dos bossu, il se tenait voûté. Sa peau était luisante et semblait avoir été brûlée. Le Seigneur se pencha vers le nouveau venu et lui
chuchota quelque chose d’inaudible pour nos trois amis à l’oreille. Le drow parti en courant immédiatement après les confidences de son souverain. Fanui regardait son auditoire amusé, heureux que
l’effet de ses paroles avait produit et leur s’adressa à eux sur un ton méprisable et arrogant :
- Attendez et vous comprendrez !
A peine eut il prononcé ces mots que le drow revint avec un petit coffret entre les mains. Le coffret était en argent, sur son couvercle se trouvait deux dragons entrelacés : l’un était en ébène
et l’autre en ivoire. Autour de ceux-ci se trouvait un cercle très fin en or, des feuilles de lierre ainsi que des entrelacs étaient sculptés partout sur le coffret. Il était fermé par une petite
serrure dont la clef se trouvait autour du cou e Fanui. Quand ce dernier l’eut en main, il cessa aussitôt de sourire et son visage se referma.
- Approchez- vous.
Nos trois amis obéirent sans poser de question, curieux de voir ce que contenait la boite.
- Voyez vous, il y a quelque temps de cela, une boule de feu a percuté notre temple de la terre qui se trouve non loin de la grotte par laquelle vous êtes venus jusqu’ici… Notre grande prêtresse
est alors partie voir de quoi il retournait. Elle a trouvé une sphère de feu qui avait fait fondre le sol qui était devenue de la lave en fusion. Une fois refroidie, notre prêtresse l’a saisie et
a vu en son sein quelque chose qui a attiré son attention. Une étrange lueur, elle a donc l’a donc jetée à terre a plusieurs reprise car la sphère ne voulait pas céder. Après plusieurs
tentatives, elle s’est enfin brisée, et elle a libéré ceci.
Fanui tendit le coffret a bout de bras et l’ouvrit. Nos trois amis découvrirent à l’intérieur un morceau du cristal, celui du vent… Tous furent ébahis devant cette vision. Nous trois amis n’en
revenaient toujours pas. Féa reprit ses esprits et regarda Yolm :
- Mais… Comment… Par quel miracle ?
- Je n’en sais rien, il semble que les fragments du cristal sont irrémédiablement attirés par le temple auquel est dédié leur élément…
Yolm regarda Fanui :
- Que comptez vous faire de ce cristal ?
- Je vous le remets à une condition.
- Comment osez vous marchander cette pierre ? L’avenir de notre monde dépend de la réunification ! Après cela vous voulez nous faire croire que vous désirez nous aider ?!
Voyant son ami hors de lui, Féa intervint.
- Calme toi, cela ne sert à rien de t’emporter. Je suis du même avis que lui, vous êtes inconscient ! Que désirez vous ?
- Comme je vous l’ai dit, je vous impose mon aide, accepter que Tylur vous accompagne et la pierre sera a vous !
- Il ne sert a rien de nous imposer sa présence, si nous n’avions pas accepté son aide croyez vous que nous serions ici à l’heure qu’il est ?
Fanui se sentant stupide continua :
- Je vois… Très bien, je remets le cristal à Tylur qui en sera ainsi le gardien. Vous devez être exténué, je vous propose d’aller vous reposer. Tylur conduis-les à leur chambre.
Yolm, Féa et Tylur prirent congé du souverain. Ils longèrent un immense couloir, soudain Yolm eut un étourdissement, Tylur le rattrapa de justesse :
- Sa va, sa v ce n’est rien… Je suis exténué.
- Tu es sûr ?
Féa remarqua que le long de sa main coulait le sang coulait abondamment.
- Mais tu perds du sang, tu es blessé !
- Ce n’est rien ne t’inquiète pas…
- Il faut soigner sa.
Féa commença à relever la manche de son ami et vit une flèche dans son épaule, Yolm la repoussa.
- Tu es gravement atteint, il faut soigner sa, il doit bien y avoir une infirmerie ici. Tu as dû être touché par une flèche des gobelins que nous avons affronter, leurs flèches sont empoisonnées,
il faut l’extraire et te soigner vite.
Yolm dont le visage était plus pâle que d’ordinaire eut soudain les yeux rouge sang. Il repoussa Féa qui tomba au sol et brandit son épée. Féa se releva tendit que Yolm menaçait Tylur. Yolm plaça
d’un geste vif son épée à la gorge de son ami, il était prêt à le tuer… Tylur réussit à se dégager et Féa cria :
- Arrête ! Réfléchis ! il est notre ami ! Que t’arrives-t’il ? Crois-tu que cela va faire avancer les choses ? Et à ma vie, à la tienne y as-tu pensé ? Si tu le tues tu penses vraiment que nous
repartirons aussi facilement ? C’est les deux pieds devant que nous quitterons cet endroit !
Yolm le repoussa une nouvelle fois violemment qui se retrouva à nouveau à terre. Celle-ci fut extrêmement surprise de la violence dont il faisait preuve. Tylur se précipita pour aider la jeune
elfe à se relever. Yolm fit volte face et les menaça tous les deux.
- Il a perdu la raison, fais attention, je ne l’ai jamais vu dans un état pareil… Il est sous l’emprise de ce poison qui l’a rendu fou furieux !
- Je sais bien. Yolm, calme-toi, je suis ton ami, regarde-moi.
- Tu étais au courrant toi pour le cristal ! Chien, traître. Maudit soit le jour de ta naissance ! Je savais que tu étais un drow, j’aurais du me douter que tu me trahirais ! Et toi, garce, tu es
de mèche avec lui ?!
A peine eut il finit de parler qu’il se rua sur lui. Féa se tenait plaquée contre le mur, ne bougeait pas terrorisé.
- N’es-tu point fou ? Je ne savais rien des intension de Fanui, je te le jure !
- Il en est de même pour moi ! Comment peux-tu penser une telle chose ?!
- Menteurs !
Yolm se rua de nouveau sur Tylur qui brandit son épée pour se défendre et qui évita de justesse la nouvelle attaque. Il se jeta encore une fois sur le drow et tous deux tombèrent au sol. Yolm se
retrouva sur son ami qui avait perdu son épée, mais celui-ci le projeta en arrière. Il percuta le mur puis tomba violemment au sol, face contre terre. Tylur se tenait prêt à parer une nouvelle
attaque, mais Yolm ne se releva pas, il ne bougeait plus. Féa se précipita vers son ami, elle le secoua, le retourna sur ses genoux et lui tapota les joues. Elle releva la tête les yeux pleins de
larmes :
- Tylur, il est blessé… C’est… C’est son épée… Elle… Qui… Le…
Tylur accourut et s’accroupit près de la jeune elfe. Yolm était très mal-en-point : du sang coulait de ses blessures. Il vit que l’épée sur laquelle il était tombé l’avait traversé de part en
part. Ses vêtements étaient ensanglantés, il était blessé a la tête, sa respiration presque indétectable était courte et saccadée.
- Il faut immédiatement le soigner, je vais le conduire dans sa chambre… Je le soignerais. N’ai crainte ton ami vivra ou je perdrais mon honneur !
Sur ces mots Tylur prit son ami dans les bras et le conduisit dans une chambre. Féa voulu elle aussi rentrer dans la chambre mais Tylur lui di d’attendre dans sa chambre et qu’il viendrait lui
donner des nouvelles, il lui indiqua où était sa chambre et referma la porte derrière lui. Féa ne pu se résoudre à partir et s’assit dans le couloir face à la porte dans laquelle étaient rentrés
ses deux amis, elle attendait là, immobile, les larmes noyaient son regard et lui brûlaient les joues.
***
Tylur entra dans une chambre somptueuse, le sol était en marbre, les murs étaient recouverts de tentures représentants des scènes de batailles, de personnages qui devaient être très certainement
des dieux, de banquets et autres festivités. La pièce était immense, en son centre un lit gigantesque où les armatures en bois étaient richement ornées d’or et d’argent, on voyait aussi les
armoiries de la cité : deux dragons enlacés, les draps étaient en soie verte. Tylur y étendit son ami sur le coté, toujours inconscient, il lui retira sa tunique blanche tachée de sang, il
alla chercher de l’eau et des draps, puis revint au chevet de Yolm. Il rinça les blessures de ce dernier et lui ôta la flèche de l’épaule, Yolm, qui était toujours inconscient, grimaça de
douleur. La blessure était propre et ne saignait presque plus, il sortit de sa poche des herbes aux propriétés apaisantes et cicatrisantes et lui en fit une compresse qu’il plaça sur la plaie, le
tout fut recouvert par un pansement de tissus blanc. Il remit Yolm sur le dos et soigna de la même façon sa blessure à la tête. Il lui fallait à présent extirper l’épée de son ventre… Il
releva la tête de l’avariel et lui fit boire une lampée d’alcool, il reposa doucement sa tête et se mit debout sur le lit afin d’ôter l’épée. Il du prendre l’épée a deux main et du
geste vif, il l’enleva, Yolm poussa un cri de douleur terrible. La plaie béante se remit à saigner abondamment. Tylur se servit de tissus pour faire un point de pression et ainsi arrêter
l’hémorragie. Après quelques instants, celle-ci cessa, Tylur fit donc une compresse à l’aide de plantes et un pansement. Il fallait à présent empêcher que le poison ne continue de se rependre,
mais pour cela il lui fallait des plantes qu’il n’avait pas en sa possession, il lui fallait aller dans la forêt pour ce les procurer. Il fit boire de l’eau à Yolm qui était toujours inconscient
et sortit de la chambre sans faire de bruit.
Quand il ouvrit la porte, il vit Féa, assise face à elle, qui s’était endormie. Il la prit dans ses bras délicatement, sans la réveiller et la conduisit dans sa chambre. Il l’étendit sur le lit
et ressortit de la pièce. Il se dirigea vers la forêt où il n’eut aucun mal à trouver se dont il avait besoin, en effet, il la connaissait par cœur, s’était son jardin secret, il y venait pour se
retrouver et se réfugier quand il en avait besoin. Il rentra donc au château et retourna auprès de Yolm.
Yolm était très ajouté et la fièvre le faisait délirer, il parlait de façon inaudible et désorganisée et dans un langage étrange… Tylur tendit un peu plus l’oreille et chercha à savoir, il ne
parlait pas en avariel, mais en Sylvain ! Tylur ne comprenait pas ce langage, mais savait le reconnaître…
* Comment un Avariel peut-il connaître ce langage ? *
Yolm gémissait, il semblait revivre quelque chose… Quelque chose de terrible… Tylur reprit ses esprits et prépara l’antidote. La mixture avait une odeur très forte et nauséabonde. Il suréleva la
tête de Yolm et la lui fit boire puis lui reposa la tête doucement. Il le recouvrit de draps, Yolm tremblait de tous ses membres, la sueur perlait sur son front. Il se débâtait contre quelque
chose, il gémissait de plus en plus fort. Tylur prépara une autre potion dont le but était de le calmer et d’apaiser ses souffrances, il la lui fit boire et quelques minutes après son absorption,
Yolm se calma et paraissait à présent serin. Tylur sorti de la chambre et alla porter des nouvelles à Féa.
***
Tylur longea le couloir et frappa a la porte de la chambre de Féa, aucune réponse. Il entra doucement dans la pièce, Féa ne dormait pas, elle se tenait assise sur son lit, immobile. Tylur avança
lentement vers elle, elle releva la tête :
- Comment va-t-il ?
- J’ai fait ce que j’ai pu, il n’est pas totalement hors de danger, mais je ne peu faire plus. C’est à lui de se battre à présent. Si il veut vivre, il vivra…
- Et ses blessures, le poison ?
- J’ai pu lui donner à temps le remède, le poison est enraillé. Pour ces blessures, s’est autre chose, aucun organe n’a été touché mais il a perdu beaucoup de sang… il est très agité, je lui ai
donné quelque chose pour le calmer. Je peux te poser une question ?
- Biensur, parle, je t’écoute.
- Le connais-tu bien ?
- Bien je ne sais pas, mais assez pour savoir qu’il est droit et juste, il donnerait sa vie sans hésiter pour ses amis et les siens. Pourquoi ?
- Il a quelque chose d’étrange, hormis ses ailes, il ne ressemble e rien à un avariel, de plus, tout à l’heure il délirait et parlait en sylvain… Connais tu la raison ?
- Je ne peux te répondre, tu devras lui poser la question quand son état le permettra. Puis-je aller le voir ?
- Biensur, il est seul et toujours inconscient, mais la présence d’ami l’aidera a se battre.
Féa laissa Tylur, seul et se rendit au chevet de Yolm. Elle prit une chaise et s’assit près de lui. Elle saisit sa main et la caressa. Elle le veilla toute la nuit et quand Yolm se réveilla au
petit matin, il la découvrit assoupie, la tête posée sur le lit, lui tenant toujours la main. Il repoussa doucement la main et voulu se lever, mais la douleur était trop forte et le fit gémir, il
retomba sur son lit. Féa se réveilla :
- Tu es réveillé ! Comment te sens-tu ?
- Ça va… Pas trop mal… Que s’est-il passé, pourquoi suis-je ainsi blessé ?
- Tu ne te souviens pas ? Quelle est la dernière chose que tu te rappelles ?
- Je ne sais pas trop…
Yolm avait beaucoup de mal a parler.
- Je me souviens que tu as remarqué que j’étais blessé…
- La flèche que tu avais dans l’épaule était empoisonnée et le poison t’a fait perdre la raison. Tu nous a agressé et Tylur t’a repoussé, tu es tombé, ta tête a percuté le sol et ton épée t’a
blessé…
- Et Tylur, où est-il ? Comment va t’il ?
- Je vais très bien, rassure toi…
Tylur venait d’entrer.
- Ne parle pas trop, économise tes forces.
- Je suis stupide… Pardonne-moi…
- Tu n’as pas à t’excuser, s’est le poison qui t’a fait perdre la raison… Tu n’es pas en cause.
- Suis-je resté longtemps inconscient ?
- Depuis hier midi, mais ne parle plus, ta santé est en jeu. Économise tes forces.
- Je n’ai pas finit, ma santé n’est pas importante, partez dès maintenant a la recherche des cristaux…
- Mais et toi.
- Elle a raison, si je te laisse ici, je ne donne pas cher de ta vie… Et ce n’est pas une tache qu’une seule personne peut accomplir… Nous attendrons que tu sois rétablis. Repose-toi.
Yolm commençait à s’énerver et à s’agiter.
- Non il vous faut partir dès à présent. S’il le faut je me lèverais et je vous accompagnerais, mais ma compagnie ne fera que vous ralentir !
Il commença à se lever, mais la douleur le fit immédiatement retomber sur le lit.
- Tiens prends ceci, ça soulagera ta douleur.
Yolm but toute la mixture d’une seule traite et quelques instants plus tard, il dormait.
- Que lui as-tu donné ?
- Un puissant sédatif et quelque chose contre la douleur. Je me doutais que s’il se réveillait de bonne heure il voudrait partir, j’avais préparé ça juste au cas où. Il ne doit en aucun cas se
lever ou sa blessure se rouvrira et là je ne pourrais plus rien pour lui… Viens et laissons le, il a besoin de repos.
- Il risque de très mal prendre ce que tu viens de faire…
- Je sais, mais s’est pour son bien. Allons nous reposer, la nuit a été longue pour tout le monde. Quand nous nous seront suffisamment reposé nous préparerons tous pour notre départ, de cette
façon nous serons près le moment venu…
- Tu ne pourras pas recommencer cette parade pour qu’il se tienne tranquille…
- Je sais, mais la il devrait dormir au minimum jusqu’à demain… Mais ça ne sera pas suffisant pour son rétablissement, j’essayerais de nous trouver des montures.
Féa fit signe qu’elle partageait son avis et tous deux sortirent de la chambre et chacun se dirigea vers sa chambre.
Apres plusieurs heures d’un repos bien mérité Tylur et Féa se retrouvèrent devant la porte de la chambre de Yolm, Tylur y jeta un coup d’oeil :
- Tout va bien, il dort encore à poing fermé, allons préparer notre départ.
Ils allèrent chercher des vivres, de l’eau et réussirent à trouver trois montures, des loups géants, ces animaux venaient d’êtres trouvés, donc Tylur ne les connaissaient pas et ne savait
pas s’ils étaient doux, mais ils feraient très bien l’affaire. Ils remontèrent, sans faire de bruit, le couloir de la chambre de Yolm afin de voir si tout allait bien, quant ils virent Yolm
avancer vers eux en titubant.
- Que fais-tu là ? Es tu fou ? retourne dans ta chambre te reposer !
Yolm avait toujours du mal a parler et à récupérer son souffle :
- Vous ne m’avez pas écouté. Partons immédiatement, le temps nous est compté. Et ne me refais plus jamais ce coup la Tylur !
- Hem… Nous venions te chercher, nous avons tout préparé pour notre départ.
Tylur vit que Yolm se déplaçait avec grand peine, il l’aida donc a se déplacer en passant le bras de Yolm sur ses épaules fin de le soutenir.
- Nous avons des montures, des vivres et de l’eau, regarde tout est prêt !
- Très bien alors partons, nous avons assez perdu de temps comme cela…
- N’as-tu pas trop mal, je peux te donner quelque chose contre la douleur et cette fois ci il n’y a rien de dans tu as ma parole.
- Non ça va, c’est supportable.
Yolm voulu monter seul sur le loup mais ses tentatives se soldèrent par des échecs. Tylur et Féa finirent par l’aider. Yolm n’aimait pas se sentir dépendant, mais il devait cette fois reconnaître
qu’il n’avait pas le choix.
- Dans quelle direction partons-nous ?
- Les marais de Sholka.
Chapitre
VI
Yolm prit la tête de l’expédition, il faisait mine que tout allait bien, mais la douleur lui tiraillait le ventre. Il ne voulait pas demander à Tylur de l’aide, de peur de sembler faible. Tylur
voyant le jeu que Yolm jouait mit de la potion dans son eau et la tendit a Yolm.
- As-tu soif ?
- Oui, merci.
Tylur se posait des questions sur Yolm et décida de rentrer dans le vif du sujet, il resta à sa hauteur et le questionna :
- Puis-je te poser une question sur toi ?
- Biensur, que risques-tu ? Si je te saute dessus tu n’auras qu’a me frapper au ventre !
Yolm souriait, Tylur lui rendit son sourire.
- Quand tu étais inconscient hier, tu a marmonné quelque chose en sylvain…
- Oui ?
- Je voulais savoir d’où te viens cette connaissance de ce langage…
- Mes parents étaient des elfes Sylvain.
- Je ne comprends plus rien, quand nous nous sommes rencontrés tu t’es présente comme étant un avariel, et là tu me dis que tes parents sont des…
- J’ai dit « étaient », souviens toi, je ne me suis pas présenté. Tu as vu mes ailes et tu en as tiré tes propres conclusions toi-même en voyant mes ailes.
- C’est vrai, mais quand je t’ai présenté à Fanui en tant qu’avariel tu n’as pas dis le contraire…
- Oui, mais je n’ai pas à me justifier devant ton seigneur.
- Excuse- moi d’insister, mais je ne comprends toujours pas.
- Mon village a subi une attaque, alors que j’étais enfants, je suis le seul survivant. Un groupe d’avariel a été attiré par la fumée du village et l’une d’entre elle m’a recueillit et élevé
comme si j’étais son propre fils. Afin que je puisse m’intégrer complètement à eux, les avariels m’ont fait cadeau de ses ailes.
- Ceci explique beaucoup de choses… Pardonne- moi d’avoir réveillé de vieilles blessures.
- Ne t’excuse pas, la blessure n’a jamais été refermée, elle s’est juste atténuée avec le temps.
Féa vit que Tylur était très mal à l’aise et que Yolm commençait à fatiguer.
- Que pensez vous de faire une pause afin de se reposer un peu et de se restaurer, cela fait bien longtemps que nous sommes partis.
- Très bonne idée Féa ! Qu’en dis-tu Yolm ?
- Comme vous voulez, nous aurions pu continuer encore, mais puisque vous êtes deux, je m’incline.
Ils s’arrêtèrent sous des arbres afin d’être à l’ombre, le soleil tapait très fort. Yolm eut beaucoup de mal à descendre du loup, mais il y parvint sans aide. Il s’appuya le long d’un arbre et
s’assit. Tylur décrocha son sac de la scelle du loup et s’approcha de Yolm :
- Il faut changer les pansements de ta blessure au ventre, celui de l’épaule peut attendre ce soir.
- Tu avais réellement envie de t’arrêter, ou étais tu inquiet et tu as utilisé une excuse ?
- Je t’avoue qu’il y a un peu des deux…
- Je m’en doutais !
- Laisse toi faire.
Quand Tylur enleva le pansement, il constata que la blessure s’était de nouveau ouverte et que Yolm avait encore perdu beaucoup de sang. Il souffrait le martyre, mais il ne disait rien, il ne se
plaignait pas et Tylur admirait Yolm pour cette raison. Il changea le pansement sans dire un mot tandis que Féa sorti de quoi se nourrir et de l’eau. Quand il eut fini de changer le bandage, il
leva la tête et vit que Yolm s’était assoupi, la sueur perlait sur son front. Féa s’approcha des deux elfes et mit sa main sur le front de Yolm.
- Il est brûlant…
- Je n’ai rien dis pour ne pas l’effrayer, mais sa blessure n’est pas belle, elle s’est infectée. S’il continue ainsi, je ne lui donne pas trois jours.
- Comment pouvons-nous faire pour qu’il reste tranquille ?
- Je peux lui faire boire un somnifère, mais le dernier, qui était pourtant puissant n’a eu sur lui que peu d’effet et si je le surdose de trop je pourrais le tuer.
- Essaye de lui en donner un, mais un peu plus fort…
Tylur fit boire le somnifère à Yolm, il se tourna vers Féa :
- Mangeons à présent, après nous nous reposerons, je prendrais le premier tour de garde…
Quand le repas fut terminé, Féa s’étendit près de Yolm et s’endormit. Tylur, quant à lui, restait aux aguets, il descella les loups afin qu’ils puissent également reprendre des forces. Yolm
s’agita de nouveau pendant son sommeil, il parlait en sylvain, ou plutôt il appelait quelqu’un.
* il doit revivre se qui s’est passé durant son enfance *
Après quelques heures, Féa se réveilla et prit la place de Tylur qui alla se reposer. L’agitation de Yolm était de plus en plus réfrénée, Tylur qui avait entendu son agitation s’approcha et
constata que Yolm ne remit plus a cause de ses rêves, mais qu’il convulsait.
- Féa viens tiens le ! Il convulse, l’infection doit etre plus importante que je ne le pensais !
Féa s’assit sur les jambes de Yolm afin de les maintenir immobiles et elle lui maintenu les mains et les bras immobile en s’appuyant dessus. Tylur lui fit boire quelque chose qui le calma presque
instantanément. Féa s’assit a coté de lui :
- Pourquoi a-t-il réagit ainsi ?
- Son infection est plus étendue que je ne le pensais, il doit rester allonger, je lui ai donné un remède, mais cela va annuler l’effet du somnifère. Quand il sera réveillé, je lui expliquerais
et nous le forcerons à rester allonger par tous les moyens possibles, même si pour cela nous devrons l’entraver…
Yolm commençait déjà à se réveiller.
- Hum… Pourquoi faites-vous cette tête.
Il tenta de se rassoire, mais la douleur fut si forte qu’il hurla de douleur. Il ne lui était à présent plus possible de cacher sa souffrance. Tylur fit signe a Féa de les laisser seuls, ce
qu’elle fit.
- Qu’as-tu de si important à me dire pour que tu fasses partir Féa ?
- Ton état de santé est très préoccupant…
- Que veux-tu dire ?
- Rien d’autre que ce que je viens de dire et ce que je t’ai déjà répété, si tu veux vivre tu dois rester allonger pendant un certain temps.
- Mon état de santé ?
Yolm avait de plus en plus de mal à s’exprimer, chaque mot qu’il prononçait était pour lui un effort énorme, mais il ne voulait pas montrer sa faiblesse, il se sentait impuissant et fragile, il
en avait honte et ne voulait pas que ses amis se rendent compte de son infériorité.
- Ta blessure s’est de nouveau ouverte et s’est infectée. Il faut que tu restes allongé, je t’en conjure ne joue pas ta forte tête. Je sais que tu souffres, malgré tes efforts, cela se voit.
- Rester allongé mais tu n’y penses pas ! Qui va rassembler le cristal ?
- J’irais et Féa restera avec toi.
- Il en est hors de question, je ne pourrais pas veiller sur elle si nous sommes attaqués, et toi tu seras seul… Non elle doit partir avec toi !
- Je peux me débrouiller seul, si nous te laissons seuls, qui prendra soin de toi ?
- Je pensais moi aussi pouvoir me débrouiller seul dans cette quête mais cela est impossible je m’en suis rendu compte en vous rencontrant, toi et Féa. Je ne peux protéger Féa, elle part avec toi
! il y a deux solutions, vous partez tous les deux, ou je vous accompagne. Le choix te revient.
- Tu n’es pas en position de décider !
- Crois-tu que vous pourriez m’obliger à rester immobile tout en sachant que l’un de vous se retrouve seul face au danger par ma faute ? Même si je devais partir à pied je te suivrais. J’ai déjà
vu mes parents se faire massacrer alors que je ne pouvais rien faire, penses-tu que je laisserais l’un de vous mourir par ma faute ?
- Ne ressasse pas tes souvenirs et cesse de t’inquiéter. Pour le moment repose toi, je vais réfléchir a une solution, nous en reparlerons demain.
- Mais…
- Pas de mais, tu te comporte comme un enfant capricieux ! cesse de pleurnicher et sois un peu égoïste, pense à toi ! Je reviendrai tout à l’heure pour voir si tout va bien.
Tylur parti rejoindre Féa qui s’était éloignée.
- Que t’as t’il dit ?
- Il dit qu’il y a deux solutions, on le laisse seul, ou alors il vient avec nous… Mais comment peut-il nous suivre tout en restant allongé ?
- J’ai entendu parler d’un village de Sylvain non loin du marais de Sholka, il semblerait qu’ils peuvent soigner n’importe quelle blessure en quelques heures, mais la question est comme tu l’as
si bien dit comment l’y faire venir sans qu’il se lever…
- J’ai une idée, je pense que ça pourrait marcher. Si nous faisions un brancard à l’aide de branche, de lianes que nous aurons préalablement tressées, de feuilles et de mousse afin que le tout
soit le moins inconfortable possible. Qu’en penses-tu ?
- Ton idée me paraît bonne, mais comment allons nous emmener Yolm jusqu’aux Sylvains ?
- Nous attacherons le haut du brancard à son loup et le bas traînera au sol… Je ne vois que ça.
- Oui, je vois… Mais il faut que le sol soit le plus régulier possible.
- Nous n’avons pas le choix. Commence à ramasser ce qu’il nous faut et à tresser les lianes. Je vais informer notre ami de ce que nous allons faire.
Tylur alla rejoindre Yolm qui ne dormait toujours pas, il semblait calme et serein.
- Tu ne dors pas ?
- Je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je pense à trop de choses, qu’as-tu décidé ?
- Non loin du marécage il y a une cité de Sylvains, ils ont un don particulier pour soigner, nous allons t’y conduire et nous t’y laisserons.
- Comment pouvez-vous m’y emmener si je dois rester ainsi allongé ?
- Ne t’en fais pas, tu comprendras bien assez tôt. Je vais aider Féa pour les préparatifs de notre départ, en attendant, fais-moi plaisir et dors un peu.
- Je n’y parviens pas… Ce n’est pas faute d’avoir essayé.
- Ta blessure te fait encore souffrir ?
- Oui, la douleur est de plus en plus forte et puis… Je m’en veux d’être un fardeau pour vous. Vous auriez dû me laisser là-bas !
- Je vais te donner quelque chose contre la douleur, veux-tu quelque chose pour dormir ?
Yolm hésita un instant.
- Oui.
Tylur lui fit boire la potion et tandis que Yolm s’endormait, il partit aider Féa. Au bout d’une heure leur ouvrage était achevé. Ils décidèrent de passer la nuit ici.
Au petit matin, ils approchèrent le brancard de Yolm, tous deux le portèrent et l’y placèrent délicatement. Yolm dormait, calme, serein et presque apaisé. Féa rassembla leurs affaires et Tylur
scella les loups. Il accrocha le brancard et ils prirent la route. Après une demi-journée de chevauchées, ils arrivèrent près d’une forêt où ils furent arrêtés par deux elfes Sylvains.
Le premier les menaçait de son arc, il était grand, fin, ses longs cheveux blonds reposaient sur ses épaules. Il était tout de vert vêtu ce qui se mariait parfaitement avec la forêt. Le second,
un peu plus grand lui ressemblait beaucoup. Il tournait autour des nouveaux arrivants.
- Nous venons en paix pour vous demander assistance, notre ami, qui est l’un des votres, est grièvement blessé.
- Baisse ton arc Baldur, il dis vrai, leur ami est blessé.
- Très bien.
- Que lui est-il arrivé ?
- Il as reçu une flèche dans l’épaule et un coup d’épée dans le ventre.
- L’un des notres dit-tu ? en effet il a tout l’air d’un sylvain, mais il a des ailes…
- Il vous expliquera mieux que moi.
- Très bien, nous prodiguerons des soins à votre ami, nous allons l’emmener, mais vous continuez votre chemin, il vous rejoindra le tps venu.
Les deux elfes décrochèrent Yolm, le portèrent dans la forêt. Tylur et Féa qui n’eurent pas le temps de réagir les perdirent de vue presque immédiatement. Tylur se tourna vers sa compagne :
- Partons immédiatement, il n’y a plus de temps a perdre. Ne t’inquiete pas, il nous rejoindra.
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