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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 11:16
Chapitre IX


Le lendemain, alors que la lueur du jour ne s’était toujours pas montrée, Blaïse vint les réveiller. Ils le suivirent jusqu’à deux splendides chevaux blancs :

- Voici vos montures, quand vous n’en aurez plus besoin, elles reviendront ici. Dans ce sac, vous trouverez eau et vivres. Voici la carte qui vous conduira à votre destination, notre souverain désire que vous la brûliez une fois arrivé a bon port. Partez à présent et bonne chance.
- Merci pour tout. Féa tu es prête ?
- Oui, partons !

Ils s’élancèrent tous deux au galop, leurs chevaux allaient si vite qu’ils semblaient voler. Après deux jour de chevauchées, ils arrivèrent enfin devant les portes de la cité. Ils y furent accueillis par Linnount, la gardienne des portes.

- Que venez vous faire à Faelle ?
- Nous sommes venus voir la mère d’un ami qui a besoin d’aide.
- Qui est cet elfe que vous prétendez votre ami ?
- Il se nome Yolm.

Linnount leur ouvrit les portes, ils entrèrent et une fois les portes franchies, celles-ci se refermèrent.

- Je suis sa mère, où est-il ? Comment va-t-il ?
- Il est vivant, mais à beaucoup changé.

Nos deux amis lui expliquèrent la situation.

- Très bien, quand il sera arrivé je m’occuperais de lui, en attendant allez vous restaurer, suivez-moi.

Elle les conduisit dans la grande salle où les festins avaient généralement lieus. Elle s’assura qu’ils ne manqueraient de rien et les laissa

***

Quelques heures à peine après l’arrivée de Tylur et de Féa, Yolm était aux portes de la cité. Linnount lui ouvrit les portes et se précipita vers son fils pour le prendre dans ses bras, mais celui-ci la repoussa :

- La cité n’a pas été attaquée ?
- Non, il fallait juste que je te parle, je savais que tu ne viendrais pas si je n’utilisais pas cette ruse.
- Tu avais raison, je ne serais pas venu, je t’ai sfait la promesse de réunir le cristal et tu me retardes.
- Tu as bien changé, je ne te reconnais plus…
- Le temps m’a semblé bien long.

Il enleva sa cape noire.

- Mais tu n’as plus tes ailes ?
- C’est une longue histoire dont tu connaîtras l’issue le moment venue. Que   voulais-tu me dire de si important pour venir ainsi perturber ma quête ?
- Bien des choses mon fils, mais allons parler en un lieu plus paisible et loin des oreilles indiscrètes.

Il la suivit près de l’arbre mémoire où ils s’assirent, elle lui servit un verre :

- Avant de te dire pourquoi je t’ai fait venir, parle-moi de toi, comment vas-tu ?
- Mieux que jamais.
- Tu n’as rencontré personne pour t’aider dans ta quête ?
- Oui et non.
- Combien de cristaux as-tu en ta possession ?
- Trois.
- Lesquels ?
- Le vent, la terre et le feu.

Il but le verre.

- Tu as bien avancé, il ne t’en reste plus que deux, l’eau et celui de la sincérité. Le premier te sera facile à obtenir mais le second…

Yolm s’effondra et s’endormit.

- Vous pouvez venir, la potion a fait son effet.

Astara, Similine et Slamonel entrèrent.

- Commençons à présent, je ne sais pas si le somnifère fera longtemps effet.
- Oui, dépêchons-nous. Il a tant changé que cela ?
- Il n’a plus la joie de vivre que nous lui connaissions, il n’est plus celui que j’ai élevé et a qui nous nous sommes tous liés…

Linnount avait le cœur gros et retenait ses larmes. Le rituel d’initiation allait de nouveau avoir lieu, la première fois, Yolm n’avait eu aucune difficulté à le passer, il ne restait plus qu’à espérer qu’il en serait de même cette fois-ci. Ils l’allongèrent sur le dos. Ils lui firent boire une bien étrange mixture et tous prononcèrent des incantations. Puis ils immergèrent Yolm dans un bain d’onguent aux propriétés apaisantes afin de le rendre plus réceptif aux incantations. Des encens et des bougies entouraient le bain. Les quatre avariels invoquèrent diverses divinités et récitaient des incantations. Ils faisaient appel à tous leurs pouvoirs. Yolm était immobile et toujours inconscient, il était à présent totalement immergé dans le bassin. Linnount, Astara, Similine et Slamonel se blessèrent à la main et firent couler leur sang dans le bain où se trouvaient Yolm, ainsi, ce dernier fut de nouveau lié par le sang avec les avariels. Ils le sortirent de « l’eau » et l’étendirent sur des bambous posés au sol, ils placèrent sur tous son corps, de pétales de Lys. Après un moment, les ailes du jeune elfe se mirent à pousser, ses yeux redevinrent verts et sa peau retrouva son éclat naturel. La cérémonie s’acheva par des chants en remerciement aux dieux.


- Conduisons le dans sa couche et n’oubliez pas, tout ceci doit rester entre nous.
- Ne t ‘inquiète pas, nous avons déjà tous oublié ce qu’il vient de se produire.

Ils le conduisirent  dans sa couche et le laissèrent seul. Sa mère alla trouver ses amis.

***

Elle entra dans la grande salle et vit les deux jeunes elfes attablés, ils n’avaient pas touché à leurs assiettes :
- Vous n’aimez pas ?
- Ce n’est pas ça, pardonnez nous, nous n’avons pas faim.
- Vous êtes trop inquiet pour mon fils…
- Comment va-t-il ? Avez-vous pu l’aider ?
- Le reste s’est à lui de se battre s’il veut revenir.
- Pouvons-nous le voir ?
- Biensur, il a besoin de ses amis.
- Ne vous inquiétez pas, il est solide, je l’ai vu se sortir de situations plus périlleuses.
- Je le sais. Suivez-moi.

Elle les conduisit au chevet de son fils et les laissa seuls. Ce dernier s’était déjà réveillé :

- Que fais-je ici ?
- Comment te sens-tu ?
- J’ai l’impression que cent orcs me sont passés dessus. Mais pourquoi sommes-nous ici ?
- Que te rappels-tu ?
- Je me souviens que j’étais blessé, dans une des chambres du palais de Fanui. Mais pourquoi sommes-nous à Faelle ?
- Je n’ai pu soigner tes blessures qui étaient bien trop importantes, nous avons pensé que les tiens pourraient te soigner.
- Combien de temps suis-je resté ici ?
- Quelques jours.
- Et les cristaux ?
- Nous avons récupéré celui de la terre.
- Il faut que nous repartions au plus vite, il ne nous en manque que deux !

Linnount entra dans la pièce.

- Tu veux déjà repartir ?
- Il faut que nous trouvions les deux autres.
- Reposez vous ici pour la nuit et partez demain à l’aube.
- Oui, tu as raison, nous aurons besoin de toutes nos forces.
- Féa, Tylur, suivez-moi je vais vous conduire à vos chambres.
- À demain Yolm, que la nuit te soit douce et reposante.
- Merci, pour vous aussi.

Linnount les conduisit dans leurs chambres et les laissa se reposer.

Chapitre X


    Quand les premiers rayons du soleil se montrèrent nos trois amis partirent pour les Larmes du Désespoir, s’étaient les mers du sud, elles portaient se nom car peu d’êtres ayant navigués sur ses eaux peuvent se vanter d’en être revenu. Yolm n’eut pas le temps de dire adieu à sa mère. Il le regrettait fortement car au fond de lui il sentait que l’un d’entre eux ne reviendrait pas et se serait peut-être lui. Il ignorait d’où lui venait cette certitude, mais il le sentait tout au fond de lui…

    Ils mirent quatre jours pour atteindre les Larmes du Désespoir et quand ils  arrivèrent, ils furent époustouflés par la beauté du paysage et durent retenir leur souffle. L’eau était calme, pas une ride venait perturber sa surface. L’eau était bleu azur, de petites vagues allaient et venaient faire rouler de petits cailloux sur le sable fin de la plage. Le sable fin était blanc, un petit vent léger venait le soulever par moments et entamait une  étrange danse circulaire avec lui. Les dunes fusionnaient avec  la plage et étaient couvertes d’herbes vert pâle. Au loin on voyait une jetée qui plongeait dans la mer, les vagues venaient s’y briser avec violence. Le temps semblait s’être suspendu.

    Nos trois amis descendirent de leurs montures et s’engagèrent sur la plage. Ils ne voyaient rien qui ne puisse laisser penser qu’un temple avait été bâtit en ses lieux vierges de toute civilisation.

- Sous l’eau, je suis sûre qu’il est là.
- Il n’y a que toi Féa qui puisse aller voir, Tylur et moi ne pouvons respirer sous l’eau… Va juste voir s’il y a quelque chose et reviens, c’est trop dangereux pour une personne seule…
- J’y vais.

Féa plongea dans la mer, Tylur et Yolm restèrent à observer son retour. Ils scrutaient la surface de l’eau pour voir quand elle reviendrait. Ils étaient très soucieux car ils savaient que de grands dangers régnaient dans les profondeurs… Tylur était le plus inquiet des deux, il se souvenait de ce que Yolm avait dit à Féa. Il se souvenait qu’il lui avait dit qu’elle ne verrait jamais ce dernier cristal…

Au bout d’un moment, Féa revint à la surface, elle sortit de l’eau, elle avait le visage radieux, comme si elle avait retrouvé les siens.

- Le Temple est bien, comme nous le pensions, sous l’eau. Il est totalement immergé, les couloirs sont inondés. Je suis la seule à pouvoir récupérer le cristal.
- Nous devons trouver une solution, tu ne peux y aller seule.
- Il le faut, souhaitez-moi bonne chance !

Elle commença à se diriger vers la mer quand Tylur la rattrapa et lui chuchota :

- Fais bien attention à toi, souviens toi de se qu’a vu Yolm…
- Je sais ne t‘inquiète pas.
- Prends cette dague, mets la a ta cheville…
- Merci.

Sur ces mots, elle s’enfonça dans la mer jusqu’à disparaître totalement.


***

Les fonds marins étaient calmes et silencieux. Elle vit le temple qui était fait de pierres et entra dedans. L’entrée était une grande salle qui débouchait sur un couloir. Elle pénétra dans le couloir et vit l’entrée d’une autre grande salle. En son centre, un pilier de lumière l’appelait.

- Entre dans la lumière, n’ai crainte…

Elle y pénétra, elle était immobile et ne pouvait plus bouger. Un elfe des mers apparu, il était immense, ses cheveux bleu flottaient et remuaient avec les courants. Il était vêtu de corail et d’algues et tenait un trident dans sa main :

- Que viens-tu faire dans mon domaine, jeune hérétique ?
- Je viens chercher le cristal de l’eau.
- Pourquoi ?
- Pour empêcher le mal de se répandre et ainsi sauver notre monde.
- J’aime ce cristal, pourquoi devrai-je te le donner ?
- Si le monde disparaît, tu disparaîtras aussi.
- Qu’es-tu prêtes à me donner en échange ?
- Que veux-tu de moi ?
- Tu ne m’as pas répondu !
- Ma vie.
- Alors qu’il en soit ainsi, le cristal reviendra à tes amis ainsi que ton corps, mais ta vie, je la prends.

Le cristal qui ornait se mit à briller et Féa perdit conscience.

***

Tylur et Yolm virent e cristal sortir de l’eau, il était très lumineux. Il vint se poser dans la main de Yolm. Les vagues ramenèrent le corps de Féa. Les deux elfes accoururent et Yolm la prit dans ses bras. Son corps était froid et raide, sa peu avait bleui, ses cheveux étaient plaqués sur son dos. Yolm eut beau l’appeler et l’appeler encore et encore, elle ne lui répondit pas. Il fallait se rendre à l’évidence, elle n’était plus.

Dans un silence qui voulait dire beaucoup, Yolm et Tylur lui firent un autel de sable, ils la déposèrent dessus et l’enflammèrent.

Des larmes brûlantes de colère mais aussi de tristesse coulaient le long des joues des deux amis. Ils avaient partagé tellement de choses tous les trois, Tylur s’attendait à tous moment d’entendre une remarque ironique ou sarcastique de Féa. Quant à Yolm, il s’attendait à la revoir sourire…

Soudain, sorti de nulle part, vint un dragon noir. Il se posa près du brasier, il était immense et magnifique. Ses écailles noires avaient des reflets bleus et ses yeux étaient aux couleurs de la mer, bleu azur. Tylur et Yolm posèrent lentement leurs mains sur les fourreaux de leurs épées :

- N’ayez crainte, je viens en paix. Pardonnez-moi d’intervenir en pareil moment, mais cela fais bien longtemps que je vous cherche.
- Qui es-tu ?
- Je me nome Voldemort, je suis le gardien de cristal de la sincérité.
- Je me nome Yolm et voici Tylur… Tu l’a en ta possession ?
- Oui.
- Qu’attends-tu pour nous le remettre ?
- Je ne peux vous le donner ainsi, je n’en ai pas le droit. Je dois vous faire passer une épreuve.
- Laquelle ?
- Vous devez vous battre à mort, le survivant sera digne de recevoir le cristal.
- Nous battre à mort ? Mais comment peux-tu croire que nous le ferons ? Nous sommes amis, jamais nous nous entretuerons pour ton bon plaisir !
- C’est la règle.
- Il te faut un mort pour nous donner le cristal ?
- C’est ça !
- Alors le voilà !

Tylur prit son épée et voulu se transpercer avec, le dragon l’en empêcha de justesse et à l’aide de sa queue la fit voler loin de son proriétaire. Elle alla se planter dans le sable.

- Pourquoi as-tu fait cela ? Il te fut un mort.
- Non, une preuve.
- Une preuve ?
- Que votre amitié et sincère et je l’ai à présent. Tiens prends ce cristal.

Sur ces mots, le dragon prit son envol et tournoya au-dessus de nos amis avant de partir.

- Merci.
- Assemblons les cristaux.

Ils assemblèrent le cristal, celui-ci se mit à dégager une lumière blanche aveuglante. Cette lumière les entoura et ils virent apparaître Gaïa.

- Votre quête s’achève ici. Vous avez sauvé votre monde et prouvé qu’il existait encore des êtres bons.
- Mais que va devenir le cristal ?
- Je l’emmène avec moi pour que tous ceci ne se reproduise jamais. Toi Tylur, ta quête intérieure n’est pas achevée, je te souhaite bonne chance. Quant à toi Yolm, ton temps est écoulé, les sylvains l’ont expliqué à ton ami, ton corps reste mais ton esprit par avec moi rejoindre celle que tu as toujours aimée sans jamais lui dire : Féa. Adieux Tylur.

Gaïa partie, emmenant l’esprit de Yolm avec elle et laissant son enveloppe charnelle vide. Tylur se retrouvait de nouveau seul, mais il savait que quelque part ses deux amis veilleraient sur lui. Il embrasa le corps de Yolm près du bûcher où se trouvait celui de Féa et parti pour mener à bien sa quête intérieure.










Fin du Cristal Désunit.
Par Rickaël - Publié dans : Le Cristal Désuni
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Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /Jan /2009 11:13
Chapitre VII

 Ils reprirent la route et, après quelques heures, ils arrivèrent enfin devant le marécage de Sholka. Tylur fit signe à Féa de descendre de sa monture.
- Continuons a pied, avec les loup notre poids serait trop lourd nous risque rions de nous enfoncer.
- Tu as raison, mais comment ferons-nous quand nous serons sortis de cet enfer ?
- Ne t’inquiète pas ils seront toujours là à notre retour, descellons les afin qu’en cas de besoin ils puissent fuir.

 Après avoir libéré les loups de leur harnachement, nos deux amis s’enfoncèrent dans le marais. Il était nauséabond et extrêmement sombre, de petites berges étroites étaient les seuls passages praticables. Des bulles remontaient par moments à la surface et faisaient un bruit peu rassurant. Il n’y avait pas âmes qui vivent, aucun végétal si ce n’est des arbres morts et quelques touffes d’herbes ici et là. Il n’y avait que le bruit des bulles,aucun chant d’oiseau, même le vent ne s’aventurait pas en ces lieux peu accueillants.

- Crois-tu qu’il y ait des êtres vivant en ces lieux ?
- Il faut espérer que non…

Soudain surgirent de l’eau quatre créatures monstrueuses qui avaient facilement plus de deux têtes que nos amis. Ils ressemblaient à des dragons, non plutôt à des iguanes géants se tenant sur deux pattes. Quels qu’ils soient leurs intentions étaient claires, ils voulaient les tuer ! Tylur brandi son épée et se mit devant Féa qui a son tour sorti la sienne. Ils n’attendaient qu’un geste de la part de créatures pour se jeter sur eux, mais elles ne bougeaient pas, elles restaient immobiles et les observaient. Ils parlaient entre eux par un étrange langage de cliques-ti. Soudain l’un d’entre eux s’avança et dit :

- Que venez-vous faire sur nos terres ?
- Nous ne faisons que passer, nous désirons nous rendre au temple du marais.
- Au temple ! Pourquoi ?
- Nous devons nous y rendre, je ne peux vous en dire d’avantage, je n’en ai nullement le droit.

La créature parla à ses congénères qui se mirent tous à s’avancer vers Féa et Tylur. Tylur bonit sur l’un d’entre eux et lui trancha la tête sans que celui-ci ne puisse réagir, Féa en embrocha un autre. Les deux elfe se retrouvèrent dos-à-dos, tandis que les monstres tournaient autour d’eux et refermaient le cercle de plus en plus.

- Tu prends le premier, je m’occupe du second.
- Très bien, je vais lui montrer ce qu’il en coûte de me mettre en colère !

Féa bondit sur lui et l’éventra sans aucune difficulté. Tylur voulu en faire de même avec l’autre mais celui-ci esquiva, ils s’apprêtaient à faire un véritable corps à corps, quand soudain surgi de nulle part :

- Ça suffit !

Un homme ou plutôt ce qui semblait être un homme s’approcha :
- Assez de sang a été versé ! Est-ce une façon d’accueillir nos invités ? rentre chez toi Muerte !

L’homme était emmitouflé dans sa capuche seule la lueur de ses yeux en sortait, il était de taille moyenne, assez imposant et tout de noir vêtu.

- Merci d’être intervenu.
- Je ne l’ai pas fais pour toi, cet imbécile se serait fait tuer.
- Merci tout de même. Je me nome Tylur et voici mon amie Féa.
- Qu’êtes-vous venus faire en ces lieux maudits ?
- Nous devons nous rendre au temple de ce marais.
- Le temple de la terre ? Si je vous demande pourquoi allez-vous me répondre ?
- Non.
- Suivez-moi, je vais vous y conduire.

Sans dire un mot, les deux elfes le précédèrent. Quand ils arrivèrent devant le temple, nos deux amis furent en admiration devant le monument. Quand ils voulurent remercier leur bienfaiteur, celui-ci avait disparu.

Ils entrèrent dans le temple et découvrirent un message d’avertissement en langage commun : « Jamais tu ne trouveras le chemin du retour si tes intentions sont mauvaises, il serait plus sage pour toi de faire demi-tour ». Il faisait très sombre, cela ne dérangeait pas le drow, mais Féa ne voyait rien, Tylur sortit de son sac une torche qu’il alluma grâce à une incantation. Ils s’avancèrent dans le couloir et s’engagèrent dans un autre, puis un autre, et encore un autre, si bien qu’ils ne savaient plus comment rebrousser chemin. Cela faisait plusieurs heures qu’ils tournaient en rond, ils étaient exténués et affamés.

- Marquons une pause, restaurons nous et dormons un peu, il ne sert à rien de continuer ainsi, si nous sommes attaqués, nous ne pourrions pas nous défendre.
- Tu as raison, gardons ce qu’il nous reste d’énergie pour manger.

Ils s’arrêtèrent donc quelques heures et dormirent. Ils furent interrompus par un bruit de tonnerre. Ils regardèrent dans la direction d’où venait ce bruit :

- Cours !

Une sphère de pierre dévalait les couloirs dans leur direction. Ils se mirent à courir aussi vite qu’ils le purent et se retrouvèrent face à un fossé, qu’ils purent sauter avec beaucoup de difficulté. La pierre y tomba dans un immense fracas.

- Nous avons eu chaud !
- Oui, mais je ne comprends pas comment ce piège a-t-il pu se déclancher, nous étions immobiles… Si nous avions touché quelque chose, il aurait dû se déclancher bien avant…
- Il semblerait que nous ne soyons pas les bienvenus et qu’on nous surveille… Peut-être est-ce l’homme qui nous a conduit jusqu’ici ?
- Je ne sais pas, mais restons sur nos gardes, il semblerait que ce labyrinthe soit truffé de pièges et quelque chose me dit que nous ne sommes pas arrivés au bout de nos peines !

Ils reprirent leur route et entendirent une douce et agréable mélodie, ils en prirent la direction. Soudain, Féa posa le pied sur une dalle et ils entendirent un « clic » :
- Couche toi !

Tylur eut juste le temps de se jeter sur Féa pour la plaquer au sol, que des flèches fusèrent des murs.

- Merci… Sans toi je serais morte.
- Fais plus attention à l’avenir, je ne serais pas toujours là. Nous devons toucher au but.

Ils longèrent le couloir et tombèrent de nouveau sur une bifurcation, la mélodie semblait venir de leur droite, ils empruntèrent donc ce couloir. Après un moment ils arrivèrent dans une immense salle où la lumière les éblouit. Les dalles au sol étaient différentes de celle des couloirs, beaucoup plus large et dessus étaient dessinés des motifs dont celui de la terre. Tylur jeta une pierre sur une dalle représentant un soleil et des flammes jaillirent de celle-ci, il recommença l’expérience sur une autre qui représentait la lune et des lames tranchantes sortirent des murs. Il essaya de nouveau sur une, représentant la terre, et rien ne se passa.

- Nous devons marcher uniquement sur celles représentants la terre.

Ils sautèrent de dalles et dalles jusqu’à être à cinq mètres à peine de la sortie de la salle, mais il n’y avait plus de pierres représentant le bon dessin. Tylur commençait à peine à réfléchir, mais les dalles derrière eux s’effondraient :

- Fonce !

Ils coururent et évitèrent ainsi les piège et purent sortir de la salle. Ils se retournèrent pour voir la salle, elle n’avait plus de sol.

- Il était moins une ! Comment allons nous pouvoir sortir ?
- Nous improviserons le moment venu… Continuons.

Ils longèrent un couloir sombre, la mélodie s’intensifiait, ils arrivèrent dans une autre grande salle et virent le spectre d’une elfe blanche qui jouait de la harpe. Celle-ci vit les nouveaux arrivant et cessa de jouer :

- N’ayez crainte, je suis ici pour vous guidée.

Elle était magnifique, ses longs cheveux volaient autour de son visage très fin.

- Approche enfant de la terre.

Féa commença à s’avancer.

- Non, pas toi fille des eaux. Je parle à l’enfant de la terre. Viens plus près. Que viens-tu faire en pareil endroit ?
- Je viens cherche le morceau du cristal désuni, celui de la terre, afin d’empêcher le mal de se répandre.
- Le voici, approche et si tu en es digne tu pourras le prendre, sinon tu périras.

Tylur s’approcha et sans aucune hésitation, il prit en main le cristal. Une étrange lueur enveloppa les deux amis, ils n’entendirent qu’un doux « adieu » et se retrouvèrent projetés tous deux à l’entrée du temple.

Chapitre VIII

Ils étaient de nouveau à l’air libre :

- Tu as réussi !
- Non, nous avons réussi.
- J’aurais tant aimé que Yolm voit ça.

Ils se retournèrent et virent assit sur une souche, l’homme qui les avait conduits au temple.
- Qui es-tu ?
- Personne.
- Pourquoi nous attends-tu ?
- Pour voir si vous aviez réussi là ou beaucoup ont échoué. Et je vois que vous avez réussi.
- En quoi cela t’intéresse ?
- Je suis de nature curieux.
- Montre nous ton visage, qu’as-tu à cacher ?
- Beaucoup de chose car je ne suis personne, vous verrez mon visage quand le moment sera venu. Je vais vous escorter jusqu’à la sortie du marais. Votre combat d’hier a mis en colère de nombreuses créatures.
- Nous n’avons nullement besoin d’aide.
- Je ne serais pas aussi catégorique a ta place. Les amis des trois créatures que vous avez tuées hier veulent venger leurs pairs. Ils sont plus nombreux que vous ne pouvez l’imaginer. Ne joue pas ta forte tête Tylur, accepte mon aide.
- Il a raison, nous sommes épuisés, suivons le.
- Très bien, mais je te tiens à l’oeil « personne ».

Féa et Tylur précédèrent l’homme à la capuche jusqu’à la sortie du marais. Durant le trajet, il n’y eut aucun mot échangé, ce n’est qu’une fois sortis de l’enfer que ce silence pesant fut rompu. « Personne » siffla et un splendide étalon noir arriva :

- C’est ici que nos chemins se séparent.
- Où vas-tu ?
- Je dois me rendre dans une forêt non loin d’ici.
- C’est justement où nous allons, faisons le chemin ensemble.

L’homme monta sur son fier destrier :

- Avez-vous des montures ?

Féa arriva avec les loups :

- Les voici.
- Alors partons.

Les deux elfes eurent à peine le temps de se mettre en scelle que déjà l’homme était partit au galop. Ils eurent du mal à la suivre, mais arrivèrent en même temps que lui. Les deux Sylvain étaient de nouveau là. L’homme leur fit un signe de la main et descendit de l’étalon qu’il leur confia. Tylur et Féa confièrent également leurs montures aux deux elfes :
- Nous venons voir notre ami.
- Suivez nous.

L’homme en noir les suivit également, ils entrèrent dans la forêt, et après que l’un des Sylvain eut prononcé quelque chose d’inaudible, la cité leur apparut. Devant celle-ci se tannait un elfe qui semblait être leur gouverneur.

- Soyez les bienvenus.
- Merci.
- Je me nome Sheena, je suis le souverain de ces lieux. Que viennent faire un drow et une elfe aquatique en ces lieux. Cette alliance est pour le moins surprenante.
- Nous venons prendre des nouvelles de notre ami que nous avons confié à vos soins.
- Le voir ? Mais il est déjà près de vous !
- J’avoue ne pas comprendre… Je ne le vois nulle part.
- Retourne-toi, il est derrière toi.

Tylur se retourna et ne vit derrière lui que « Personne ».

- Vous moquez vous de moi ?

« Personne » ôta sa capuche.

- Yolm ? Mais pourquoi ne nous as-tu rien dit ? Pourquoi nous avoir caché ton identité ?
- Yolm est mort… Je ne vous ai rien caché.
- Mort ? Mais tu es là !
- Je pense qu’ils ont le droit à une explication mon ami. Je vais vous laisser car se qu’il a à vous dire ne me regarde aucunement. Venez me voir quand vos questions auront trouvé des réponses.

Sheena partit laissant nos trois amis seuls.

- Peux-tu nous expliquer ton comportement ? Pourquoi t’es-tu joué de nous ?
- Je ne me suis joué de personne.
- Alors explique nous cette tenue, ton comportement et pourquoi as-tu tant changé, tu sembles avoir perdu toute ta joie de vivre…
- Le Yolm que vous connaissiez est bel et  bien mort. Quand vous m’aviez laissé ici j’étais presque mort… Ou plutôt j’étais mort. J’ai vu la mort, j’ai senti son souffle glacial dans ma nuque.
- Tu étais mort ?! Mais tu es là !
- Mes blessures étaient bien trop graves pour que tu ne puisses les soigner. J’ai sombré dans un coma qui m’a conduit à la mort, ou plutôt à la mort de mon corps, mais mon esprit errait entre le royaume des morts et celui des vivants. Durant mon séjour dans le royaume d’Hadès j’y ai vu le passé, le présent et le futur, j’y ai retrouvé les miens… Tous les êtres qui m’ont été chers et qui n’étaient plus. Ils m’ont parlé, ils m’ont révélé des choses sur moi, sur vous et sur ce monde. Pendant que mon esprit se débattait entre désespoir et colère, les sylvains ont fait revenir mon corps à la vie, mon esprit a alors pu retrouver son enveloppe charnelle, mais le prix a été lourd. J’ai perdu mes ailes, je ne peux plus retourner dans ma patrie d’adoption retrouver celle que j’appelle mère, j’ai perdu tous sentiments, la vie ou la mort m’importe peu. Je n’ai plus ni amis, ni ennemis. J’erre sur cette terre par se que vous en avez décidé ainsi.
- Mais nous ne voulions que te soigner, te…
- Je le sais, je n’ai aucune rancœur. Comme je vous l’ai dit, je n’ai plus aucun sentiment.
- Pourquoi ? Explique nous ce que tu as vu.
- J’ai vu mes parents, je parle de mes véritables parents, je me souviens à présent comment ils ont été tués eux et tous le village. J’ai vu le massacre d’innocents, je connais le futur, je sais comment tout ceci va finir. Je connais tout sur le passé, le présent et un peu du futur, les massacres continueront, alors pourquoi vouloir se battre ? Ce monde ne le mérite pas, il n’en vaut pas la peine, rien ne vaut la peine de toute façon.
- Si ça vaut toujours la peine !
- Tu dis ça, mais j’ai vu ta mort… Tu ne verras pas le prochain cristal, tu perdras la vie dans d’atroces souffrances.
- Mais nous pouvons l’éviter avec ton aide !
- Non, je ne puis changé ce qui a été décidé. J’ai moi-même vu ma mort, et je ne tenterais rien pour la changer.
- Je te croyais notre ami !
- Je te l’ai déjà dis, je n’ai plus d’ami, Yolm est mort et je ne suis personne. Dis toi que je me suis tué.
- Mais…
- Regarde mes yeux…

À la place de pupilles se trouvait le portail du royaume d’Hadès.

- Ton ami est mort Féa, où que je pose mon regard, je vois ces âmes en peine, je les sens et les entends.
- Mais comment peut-on t’aider ?
- Vous ne le pouvez pas. J’ai fait la promesse à Linnount, je vous aiderais donc à remplir la tâche qui m’a été donnée, mais je la remplirais sans me soucier du reste, quel qu’en soit le prix. Je vous laisse à présent, il me faut régler certaines choses avant mon départ de demain aux aurores.

Yolm parti sans laisser le temps à ses amis de lui répondre. Tylur et Féa se regardèrent hébétés par se qu’ils venaient d’entendre.

- Comment peut-il penser ce qu’il vient de dire ? Il a changé tant se n’est plus le même. Il parle comme quelqu’un d’autre, s’est comme si ce n’étais pas lui. Et comment peut-il espérer rassembler le cristal nous en avons deux morceaux.

Tylur regarda dans son sac :

- Je ne sais comment, mais je ne les ai plus, il a dû par je ne sais quelle magie les récupérer sans que je ne m’en aperçoive.
- Allons voir le seigneur Sheena, il pourra peut-être nous en dire plus.
- Tu as raison, il doit savoir se qu’il s’est passé exactement et comment faire pour nous rendre notre Yolm.

Ils allèrent trouver le souverain :

- Avez-vous eut les réponses que vous vouliez ?
- Nous avons eu des réponses mais pas celles que nous voulions… d’autres questions sont venues alors que certaines restent en suspend…
- Si je puis vous aider, posez-les-moi, j’y répondrais sans détour.
- Merci de votre gentillesse, pourquoi un tel changement chez notre ami ?
- Quand un corps meurt et que son esprit reste et erre s’est qu’il a une tâche à accomplir. Quand son corps est revenu a la vie, la seule chose dont son esprit se préoccupe c’est cette tache. Dans le cas de votre ami s’est sa quête. Il ne pourra trouver le repos et enfin avoir la seule chose qui le fait avancer.
- Et quelle est-elle ?
- Mourir.
- Mourir ?!
- Oui, il a vu trop de choses qui l’ont déçu et qui l’ont fait souffrir. Trop de haine, de tristesse et de souffrance lui ont brûlé les yeux. Il a vu tellement de choses que ni vous, ni moi sommes en mesure d’imaginer, bien plus que son esprit ne pouvait en supporter. Il a revu le passé, le présent et le futur, les massacres des êtres chers à son cœur et la future mort de ceux qu’il aime.
- Saviez-vous, avant de le faire revenir, qu’il verrait tous ça ?
- Biensur que non ! Mais nous ignorions alors que les avariels avaient, en plus des ailes, lié leur sang à celui de votre ami. Nous ne pouvons soigner sans danger, que les membres de notre peuple.
- Comment peut-on faire revenir notre ami tel qu’il était avant ?
- Il n’existe qu’un seul moyen, mais…
- Quel est-il ?
- Il est si important que ça pour vous ?
- Oui.
- Il doit se souvenir de qui il était, il doit retrouver son sang et ses ailes. Pour cela il faut le faire revenir à Faelle et seuls les avariels peuvent l’aider. Ce n’est pas une mince affaire car une fois la cité trouvée, vous devez avoir l’autorisation d’y pénétrer. Vous devez y être avant lui afin de pouvoir expliquer correctement se qu’il s’est produit.
- Vous savez où la cité se trouve ?
- Je vous donnerais la seule carte qu’il existe.
- Merci beaucoup de votre aide, vous avez déjà fait tellement. Mais comment l’y faire aller, il refusera certainement d’y aller de lui-même.
- Oui, c’est certain. Je vais lui dire que la cité a été attaquée et que sa mère le demande à son chevet.
- Oui, mais il part demain matin.
- Je lui dirais avant qu’il ne parte. Une dernière chose cependant, quand il sera redevenu l’elfe qu’il était avant, il aura tout oublié. Sa descente dans le royaume d’Hadès, et tous le reste seront effacés de sa mémoire. Seuls des flashs lui reviendront par moment, ils pourront être déclancher par n’importe quoi, une odeur, un bruit, une image, un mot… Durant ces visions, il sera totalement déconnecté de la réalité et totalement absent, pouvant survenir à tout moment, ils peuvent venir durant un combat, vous devrez êtres très vigilants et toujours avoir un oeil sur lui.
- Nous prendrons grand soin de lui, comme il l’aurait fait pour nous.
- À présent allez vous reposer, je vous ai fait préparer des chambres, Blaïse va vous y conduire, il vous réveillera quand le moment de partir sera venu.
- Merci pour tout.

Ils précédèrent Blaïse et allèrent dormir.
Par Rickaël - Publié dans : Le Cristal Désuni
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 11:11
Chapitre V

Nos deux héros se retrouvèrent près de Nolë qu’ils avaient laissée à l’entré du temple. Ils se regardèrent, abasourdis par ce qu’il venait de se passer. Ils se retournèrent vers Nolë et virent quelqu’un près d’elle.

Il était tout vêtu de noir, Il portait une cape et était dissimulé sous sa capuche. On ne voyait pas son visage. Yolm et Féa étaient très surpris de voir un être autre qu’un Orc ou un Gobelin. Yolm s’avança vers lui.

-    Bonjour.

L’être lui fit un signe de la tête. Yolm continua :

-    Que faites-vous là ?
-    Je vous attendais. Dit-il simplement
-    Vous nous attendiez………. Mais que voulez-vous dire ? Et qui êtes-vous ?

L’être se leva du rocher où il était appuyé… Et enleva sa capuche. Il avait les cheveux naturellement blancs, la peau noire, les oreilles pointues, les yeux en amande et violets. Il était de stature similaire aux Elfes de la surface. 

Les Drows ressemblaient aux Elfes, dont ils étaient comme le reflet en négatif: sveltes, gracieux, agiles et secrets. Mais la similitude s'arrêtait là car la plupart des Drows étaient maléfiques, tueurs impitoyables prisonniers d'une société cloisonnée en castes et dominée par la cruauté de la Lune Noire (les nuits sans lunes). Ils la vénéraient.
Ils fuyaient la société parce qu’ils n’en partageaient pas la philosophie. Pour survivre, ils avaient dû s’exiler.

Cependant, ils se heurtaient aux préjugés des peuples vivant sous le soleil, dont ils devaient gagner la confiance et à qui ils devaient sans cesse prouver par leurs actes qu’ils étaient tous différents les uns des autres. Et surtout qu’ils n’étaient pas tous vils et malfaisants.

Ils avaient des pouvoirs innés et très puissants. Ils maîtrisaient plusieurs dons : la Nécromancie, les Invocations, la Conjuration et l’Enchantement. Les mages Drow utilisaient une magie particulière, adaptée à leur habitude d'agir en silence. Ils avaient développé une compétence spécifique, la Magie Gestuelle.

Leur comportement était pour beaucoup chaotique et mauvais. Les individus Bons étaient très rares, et survivaient rarement dès que leur nature se révélait. Les Drows loyaux étaient donc rares, mais celui qui en obtenait des amis véritablement dévoués était traité généralement avec une grande considération même si cela n'était jamais affiché en public (ce serait révéler une faiblesse).

Les Drows étaient des créatures de l'ombre et de la nuit, et n'aimaient pas la lumière vive qui les aveuglait et blessait leurs yeux sensibles. Ils évitaient, pour la plupart car certains s’étaient adaptés, le plein soleil et les zones brillamment éclairées. Ils portaient toujours d'amples capuchons rabattus sur leur visage quand ils sortaient en plein jour. Une lumière de faible intensité (lumière du jour sous abri, extérieur jour nuageux, lampe, torche, lueur féerique, aura d'une arme magique) ne les gênait pas.

- Je me prénomme Tylur (loup), je viens de la cité de Lüüana. Je suis au courant de ce qu’il se trame, le cristal a de nouveau été brisé. Il faut le sceller à nouveau…
Yolm était étonné que le Drow en sache autant.
- Tu as l’air étonné jeune elfe… Chez nous aussi il y a des légendes, nos souvenirs nous sont racontés par nos aînés. Mon peuple savait que les Avariels s’en souviendraient, c’est pour cela qu’il ne veut pas agir, il pense qu’un autre le fera, trop occupé à se quereller entre eux. Moi je pense que nous devrions tous agir… Il soupira. Je connaissais l’emplacement de ce temple car il est dans nos légendes. Je savais donc que vous passeriez par ici tôt ou tard. Je viens donc te donner mon aide, jeune… Euh… Avariel…

Tylur avait l’air troublé par l’apparence de Yolm. Ce dernier portait des ailes et des vêtements d’Avariels, pourtant il ressemblait plus à un Elfe des Bois. Le Drow fit mine de ne rien avoir remarqué et continua.
 
- Cependant je ne savais pas que le peuple des Elfes des Mers était au courant de ce qu’il se trame, Noble Dame et je m’en excuse.
- Nous n’en savions rien. Féa sourit.
Yolm la retenait et chuchota.
- C’est un Drow, ne lui fais pas confiance. N’écoute pas ses flatteries, les Drows sont fourbes.
Féa se retourna vers Yolm et lui fit signe de la lâcher.
- Ne juge point si tu ne veux pas être jugé. C’est aussi son monde qui est en grand danger ! Il a le droit et même le devoir de faire quelque chose et de nous aider. Ne le juge pas avant de le connaître !!
Elle reprit :
- Mon peuple avait ressenti qu’il se tramait quelque chose, mais il ne savait quoi. C’est sur ma propre décision que je suis partie seule pour apprendre ce qu’il se passait. C’est là que ma route a croisé celle de mon ami et depuis nous ne nous sommes pas quittés. Elle sourit à Tylur. Mon nom est Féa, je viens des Mers de Fàwë (neige) et voici mon ami et Nolë, sa monture. Je les accompagne partout et les aides du mieux que je peux.
Yolm regarda Tylur dans les yeux et lui dit :
- Mon nom est Yolm, je viens de la grande Cité de Faelle. Es-tu sûr que tes intentions sont honorables ?
Yolm ne lâchait pas son regard. Il voulait essayer de sonder son âme.
- Bien sûr qu’elles le sont ! Me serais-je donné la peine de venir seul, de me présenter et de vous proposer mon aide ? Je vous aurais attaqué par surprise et je vous aurais pris ce qui m’intéressait sans vous laisser le temps de réagir.
- Il a raison Yolm… Il me semble que nous pouvons lui faire confiance.
- Très bien Féa, tu as peut-être raison. Pardonnes-moi mon animosité Tylur. Yolm soupira. Il nous faut nous procurer des vivres et de l’eau. Tout est tombé quand tu as failli passer par-dessus le pont et finir dans la lave. Il faut absolument qu’on s’en procure d’autre !
- Je sais où en trouver, mais il faut que vous me fassiez confiance. Venez avec moi à Lüüana. Nous pourrons nous y reposer et nous y restaurer, ainsi que prendre des vivres et de l’eau.
Féa et Yolm se regardèrent.
- Mais…
- Je garantirais votre sécurité. Chez nous on ne s’attaque jamais aux amis de nos frères.
- Es-tu sûr de toi… Nous ne risquerons rien… Féa soupira. Je te parais peut-être très méfiante quoique je n’ai jamais rencontré de Drow au par auparavant… C’est juste qu’avec tous ce qu’il se dit sur ton peuple… Je préfère me méfier.
- Je te comprends… Un Elfe averti en vaux deux.
- Très bien, je pense que nous pouvons te faire confiance, nous allons te suivre… Il est vrai que nous n’avons pas trop le choix non plus de toute manière ! Nous n’avons plus de vivres et d’eau ! Lança Yolm en souriant.
- C’est vrai. Tylur éclata de rire et reprit d’un ton grave : Par contre il vous faut laisser partir la licorne.
Féa et Yolm ne rigolaient plus en entendant ces mots.

* Abandonner Nolë ?! Mais pourquoi ? *

Ils regardèrent la licorne et Yolm s’avança vers Tylur :
-    Mais pourquoi ?
-    Vous connaissez le pouvoir des cornes de licornes ! Pour les Drows, elles représentent une source de pouvoir immense et beaucoup d’entre nous, cherchent à s’en procurer le plus possible… Par tous les moyens. Ils n’hésiteront donc pas à s’en prendre à Nolë !
Yolm et Féa fixèrent la licorne, les larmes aux yeux, Yolm se dirigea lentement vers elle :
-    C’est pour ton bien, lui chuchota-t’il a l’oreille.
Il lui enleva son harnachement.
-    Rentre à Faelle, donne les nouvelles et pardonne- moi…Fais bien attention à toi et que Tinare te protège !
Le cœur lourd il regarda partir son amie de toujours, puis il se tourna vers ses deux compagnons :
-    Je suis prêt partons.
Sur ces mots, ils prirent tous trois la route.

Durant leur chemin Tylur leur expliquait le fonctionnement de la civilisation des Drows.
Leur civilisation était basée sur un principe simple : le plus puissant devait régner, et obéir à un système de castes et à un code d'honneur strict. La position sociale était l'élément le plus important de la société Drow, les luttes d'influence étaient permanentes, et l'assassinat un moyen courant d'atteindre son but. La règle voulait que les affrontements armés ne se fassent jamais en public la Cité, ce qui conduisait les factions rivales à se livrer à des duels ou, à des guerres véritables dans les profondeurs les plus éloignées de leur ville.

Au sein de leur caste, les Drows avaient un comportement loyal envers leur dirigeant en place (envers le poste, non envers l'individu, qui pouvait changer du jour au lendemain suite à un complot ou une disgrâce), tant qu'il se faisait respecter par une démonstration permanente de son pouvoir. Le leader devait donc sans cesse prouver qu'il était digne de garder cette position. Un Drow intelligent servait ouvertement le leader de la Maison Noble ou Marchande à laquelle il appartenait, du moment que cela allait dans le sens de ses propres intérêts, et surtout s'il avait lui-même un rang élevé. Cela lui assurait le soutien des membres les plus haut placés de la Maison, mais il saisissait toute opportunité d'améliorer sa position personnelle, en créant ou en infiltrant des complots pour les dénoncer ensuite si cela pouvait lui rapporter davantage. Le chef du coup de force était reconnu par tous comme étant de plus grande valeur, et suivi jusqu'à ce qu'un autre complot l'abatte à son tour... La société Drow se fortifiait par une compétition permanente, éliminait ses éléments les plus faibles qui pouvaient pervertir sa culture et la faire sombrer dans la décadence et le laxisme qui détruisait d'autres peuples.

La société Drow était dirigée par deux grands groupes: Les Clans Marchands, et les Maisons Nobles.

Les Clans Marchands étaient généralement dirigés par des Drows, souvent des Mages. Déjà mis à l'écart de la société Drow par leur statut personnel, ils n'avaient guère de scrupules à avoir des contacts avec l'extérieur et les autres races (ce qui serait considéré comme dégradant par un Noble, ou une Prêtresse). Considérés comme secondaires, les Marchands étaient en fait essentiels à la survie de la communauté, et cela leur conférait une influence non négligeable, même si elle restait occulte et surveillée.

Les Maisons Nobles étaient des structures monolithiques et hiérarchisées en fonction des liens du sang, elles étaient dirigées par une Matriarche, qui était la Prêtresse de la Lune Noire la plus âgée de la famille. Son autorité était absolue, renforcée par les Prêtresses situées sous ses ordres (généralement ses filles ou sœurs). Les mâles sont cantonnés à des rôles mineurs. Les membres de la Maison qui ne sont pas du sang noble (gardes, serviteurs, artisans) avaient un statut déterminé par le bon vouloir de la Matriarche, et sujet à des variations brutales. Ils n’étaient guère mieux considérés que les esclaves. Les esclaves des Drows étaient des goblinoïdes ou des humains, parfois des elfes capturés lors de raids en surface. Les Prêtresses appliquaient l'adage Diviser pour mieux régner, entretenant habilement les rivalités entre les Maisons et se débarrassant des rebelles via des rituels meurtriers. Ceux qui échouaient lors de l'épreuve sacrée et échappaient à la mort connaissaient un pire sort : Ils devenaient des parias de la société Drow.
 
Les vrais leaders de la société Drow étaient les Prêtresses de la Lune Noire, aussi perverses et cruelles que leur déesse, redoutées et respectées par toutes les castes.
 
Les mages de haut niveau étaient rares, car il leur fallait se plier à la surveillance des Prêtresses jalouses de leur pouvoir, ils devaient parfois quitter leur cité pour pouvoir survivre et progresser dans leur Art, surtout s'ils faisaient mine de vouloir défier les Prêtresses et changer les règles de la société (par exemple en apaisant des rivalités et en cherchant à allier des Maisons entre elles de manière durable, ou en contestant le pouvoir des Prêtresses). Ils étaient les plus nombreux des Drows que l'on rencontrait à la surface, généralement mâles, et pas toujours mauvais, ils devenaient marchands, sages érudits ou aventuriers en quête de savoir et de pouvoir, utilisant leurs capacités magiques pour se protéger et se dissimuler au regard des peuples de la surface. Ils pouvaient devenir très puissants et connaissaient des sortilèges méconnus. Ils étaient très méfiants et gagner leur confiance était difficile.
 
Les Drows seraient un peuple redoutable et auraient sans doute conquis le monde depuis longtemps s'ils étaient capables d'actions unifiées. Mais ils vivaient dans une paranoïa constante, faite de complots, d'intrigues tortueuses et de guérilla incessante entre Maisons rivales, et ne faisaient confiance à personne, surtout pas à leurs pareils. Cette tendance était accentuée par leur passion pour les richesses et le pouvoir personnel. Leur tempérament chaotique et arriviste et leur obsession du pouvoir et de l'intrigue en faisaient des alliés dangereux, car ils étaient susceptibles de renier une alliance qui ne leur semblait plus avantageuse.

Tylur avait conclu en leur disant :

- Vous comprenez à présent pourquoi je ne reste que très peu parmi les miens.
-
Apres une demi-journée de marche, ils arrivèrent devant l’entrée de la grotte qui menait a la Cité de Lüüana. L’entrée était camouflée par des buissons et des rochers, ils auraient pu passer maintes fois devant sans l’avoir remarquée.
La grotte était très sombre et humide, ils entendaient le ruissellement de l’eau sur les parois de la grotte. Tylur prit une troche, souffla une incantation qui la fit s’embraser, puis il leur fit signe d’avancer. Les parois de la grotte étaient noires et étaient recouvertes de gravures menaçantes, il s’agissait de messages d’avertissements. Le sol était recouvert de sable noir et de pierres, Yolm trébucha sur l’unes d’entre elles. Le couloir qu’ils empruntaient était très étroit et s’enfonçait vers le centre de la Terre. Plus ils s’enfonçaient dans la montagne et plus il faisait sombre

- Ta Cité est dans la montagne ? Interrogea Yolm

Tylur fit signe que oui. Yolm avait l’air surpris. * Ainsi c’est vrai, les Drows fuient la lumière. * Il essaya de camoufler son étonnement… Mais Féa qui commençait a bien le connaître l’avait remarqué, elle fit mine de ne rien avoir vu.
Apres quelques minutes ils arrivèrent enfin à la Cité. L’entrée était une immense porte de pierre grise, gardée par deux Drows.

Le premier était très grand et très imposant, il avait les cheveux longs et noirs tout comme ses yeux. Il portait une armure argentée et une cape noire qui laissaient voir ses multiples cicatrices. Il en avait une sur la joue droite. Quand il les vit arriver, il s'avança vers nous mais Tylur lui fit signe que tout allait bien.

Le second était aussi gros que laid et était très petit et plutôt court sur pattes, ce qui était très rare pour un elfe. À notre arrivée, il dormait, mais le premier l'avait réveillé.

Face à eux s'ouvra Lüüana, la Cité Souterraine des Drows. Un long chemin de pierres bordées de maisons taillées dans la pierre, s'ouvrait devant eux. Tylur fit un signe de tête aux gardes pour les remercier. Nos trois amis s'engagèrent dans le chemin. Tous les yeux étaient braqués sur eux, Féa et Yolm se sentaient mal à l'aise.

- Mais pourquoi nous regardent -ils ainsi? J'ai l'impression d'être une bête curieuse! Chuchota Féa.
- Il est rare de voir des étrangers ici. Nous devons faire face à tellement de conflits ici-bas que certains d'entre nos ont mme oublié qu'il existe un monde extérieur.
- Il est vrai que la Cité et ses habitants ne sont pas très accueillants et n'ont pas l'air très chaleureux.. Et ces deux gardes à l'entrée... Yolm se mordit la langue, conscient que ces mots pouvaient blesser Tylur. Ce dernier fit mine de ne pas avoir entendu;

Un silence lourd régnait à présent dans la petite troupe. Voulant faire oublier l'incident en rompant ce silence pesant, Féa interrogea Tylur :

- Où nous emmènes-tu?
- Au Palais.
- Pourquoi?
- Le seigneur Fanui désire vous voir. Il nous donnera des vivres, de l'eau, ainsi que des montures pour continuer e voyage...
- Tu connais personnellement votre souverain?
- On peut dire ça...
- Il m'a élevé.
- Il doit être bon pour...
- Loin de là, mon père l'a trahi en fuyant pendant la dernière guerre elfique, il ne voulait pas tuer des elfes car pour lui, que nous soyons drow, gris, avariel ou autre, nous sommes tous frères. Fanui, par vengeance, a fait exécuter ma mère alors qu'elle venait de me mettre au monde et quelques années plus tard, mon père s'est donné la mort.
- Mais Fanui a tenté de réparer ses fautes en t'élevant...
- Tu es bien naïve noble Féa, il ne voulait pas avoir le sang d'un nouveau-né sur les mains, le peuple se serait détourné de lui et se serait soulevé contre lui!
- Mais il t'a tout de même élevé, il aurait pu te confier à quelqu'un d'autre!

Tylur eut un sourire de côté, il avait quelque chose d'inquiétant et d'énigmatique...

- Oui, tu as peut-être raison, mais ne dit-on pas soit proche de tes amis et encore plus de tes ennemis?

Féa, le regard plein de compassion lui sourit comme pour l'apaiser, Yolm quant à lui, posa une main amicale sur son épaule. Tylur semblait troublé, mais pas par ce qu'il venait de révéler à ses compagnons mais plutôt par le geste et le sourire affectif de ses nouveaux amis. Il prit la tête du petit groupe et après quelques minutes, ils arrivèrent devant les marches du château...

Le château était, au contraire des autres bâtisses, fait de marbre noir et de métaux couleur or. Il était très imposant, trois tours noires, dont on ne voyait pas le toit tant elles s'élevaient, reliées entre elles par des murailles extrêmement hautes. Sur chaque pan de murs se trouvaient des meurtrières menaçantes à intervalles réguliers, on y devinait que se trouvaient derrière des archers, la pointe de leurs flèches dépassait de certaines.

Quatre gardes se tenaient devant l'immense porte en bois ; deux d'entre eux discutaient entre eux et ne leur accordèrent pas même un regard, quant aux deux autres, ils se tannaient droits comme des piquets et fixaient l'horizon. Soudain l'un d'entre eux remarqua notre présence, il s'avança vers Tylur et s'adressa à lui sur un ton insultant:

- Tu es en retard! Notre seigneur Fanui vous attendait! tous les trois. Entrez, ne le faite pas patienter davantage!

Le drow ouvrit la porte et Tylur fit signe à Féa et à Yolm de le suivre. Ils longèrent un long couloir très sombre, il n'y avait pas un bruit si ce n'est celui de gouttes d'eau qui tombent. Au bout d'un moment ils arrivèrent dans la salle du trône. Là se tenait un vieux Drow grincheux qui ruminait quelques insultes à notre égard, assis sur son trône en chêne massif. Il nous jeta un regard noir et nous dit :

- Vous voilà enfin ! Ah, la jeunesse, toujours vive et empressée, mais quand il s’agit de ponctualité, il n’y a plus personne !

Tous trois s’avancèrent vers Fanui, Yolm et Tylur le saluèrent en posant un genoux à terre et en courbant la tête tandis que Féa ne fit qu’un signe de tête… Fanui lui lança un regard noir dont il avait le secret et semblait ne pas avoir apprécié sa familiarité.Tylur voyant le mécontentement de son souverain, s’adressa à lui après que lui et Yolm se soient relevés :

- Pardonnez notre retard seigneur, mais ces deux jeunes elfes ont rencontré quelques difficultés. Ils étaient également réticents à l’idée de venir ici et ignoraient qu’ils étaient attendus… Voici donc Yolm l’Avariel et Féa l’elfe Aquatique, les deux elfes dont vous m’avez parlé.
- Très bien, très bien… Avez-vous eut le premier morceau de cristal ?
- Oui, ils l’ont eu.
- Bien… Hum… Fort bien même ! Je vous ai fait venir ici afin de vous donner mon aide, ou plutôt vous l’imposer. Je vous présente donc celui que vous connaissez déjà : Tylur. Je veillé moi-même à sa bonne éducation, il est l’un de nos meilleurs mages et guerriers. Sa formation a été faite par les meilleurs maîtres dans ces deux arts, il vous sera utile en cas de coups durs.

Yolm et Féa se regardèrent, Fanui toujours aussi content de son petit  effet continua :

- Ce n’est pas seulement votre monde qui court un grand danger, c’est aussi le nôtre et celui de tous les peuples qui y vivent. Ainsi, Tylur vous accompagnera en témoignage de la participation de mon peuple dans la réussite de cette quête qui sera plus difficile que vous le pensiez de plus, se sera pour lui plus qu’un honneur immense de vous venir en aide.

Yolm s’avança respectueusement vers leur ôte :

- Biensur que toute l’aide que vous pourrez nous apporter sera la bienvenue mais pardonnez- moi si mon attitude vous semble irrespectueuse et ingrate vu que vous nous accueillez dans votre palais, mais comment saviez-vous pour la désunification du cristal ?

Fanui appela un drow qui arriva quelques secondes plutard. Ce dernier était très immense et très fin, son visage était très marqué par le travail et très creusé, le temps n’avait pas épargné le reste de son corps, ses mains étaient difformes et son dos bossu, il se tenait voûté. Sa peau était luisante et semblait avoir été brûlée. Le Seigneur se pencha vers le nouveau venu et lui chuchota quelque chose d’inaudible pour nos trois amis à l’oreille. Le drow parti en courant immédiatement après les confidences de son souverain. Fanui regardait son auditoire amusé, heureux que l’effet de ses paroles avait produit et leur s’adressa à eux sur un ton méprisable et arrogant :

- Attendez et vous comprendrez !

A peine eut il prononcé ces mots que le drow revint avec un petit coffret entre les mains. Le coffret était en argent, sur son couvercle se trouvait deux dragons entrelacés : l’un était en ébène et l’autre en ivoire. Autour de ceux-ci se trouvait un cercle très fin en or, des feuilles de lierre ainsi que des entrelacs étaient sculptés partout sur le coffret. Il était fermé par une petite serrure dont la clef se trouvait autour du cou e Fanui. Quand ce dernier l’eut en main, il cessa aussitôt de sourire et son visage se referma.

- Approchez- vous.

Nos trois amis obéirent sans poser de question, curieux de voir ce que contenait la boite.

- Voyez vous, il y a quelque temps de cela, une boule de feu a percuté notre temple de la terre qui se trouve non loin de la grotte par laquelle vous êtes venus jusqu’ici… Notre grande prêtresse est alors partie voir de quoi il retournait. Elle a trouvé une sphère de feu qui avait fait fondre le sol qui était devenue de la lave en fusion. Une fois refroidie, notre prêtresse l’a saisie et a vu en son sein quelque chose qui a attiré son attention. Une étrange lueur, elle a donc l’a donc jetée à terre a plusieurs reprise car la sphère ne voulait pas céder. Après plusieurs tentatives, elle s’est enfin brisée, et elle a libéré ceci.

Fanui tendit le coffret a bout de bras et l’ouvrit. Nos trois amis découvrirent à l’intérieur un morceau du cristal, celui du vent… Tous furent ébahis devant cette vision. Nous trois amis n’en revenaient toujours pas. Féa reprit ses esprits et regarda Yolm :

- Mais… Comment… Par quel miracle ?
- Je n’en sais rien, il semble que les fragments du cristal sont irrémédiablement attirés par le temple auquel est dédié leur élément…

Yolm regarda Fanui :

- Que comptez vous faire de ce cristal ?
- Je vous le remets à une condition.
- Comment osez vous marchander cette pierre ? L’avenir de notre monde dépend de la réunification ! Après cela vous voulez nous faire croire que vous désirez nous aider ?!

Voyant son ami hors de lui, Féa intervint.

- Calme toi, cela ne sert à rien de t’emporter. Je suis du même avis que lui, vous êtes inconscient ! Que désirez vous ?
- Comme je vous l’ai dit, je vous impose mon aide, accepter que Tylur vous accompagne et la pierre sera a vous !
- Il ne sert a rien de nous imposer sa présence, si nous n’avions pas accepté son aide croyez vous que nous serions ici à l’heure qu’il est ?

Fanui se sentant stupide continua :

- Je vois… Très bien, je remets le cristal à Tylur qui en sera ainsi le gardien. Vous devez être exténué, je vous propose d’aller vous reposer. Tylur conduis-les à leur chambre.

Yolm, Féa et Tylur prirent congé du souverain. Ils longèrent un immense couloir, soudain Yolm eut un étourdissement, Tylur le rattrapa de justesse :

- Sa va, sa v ce n’est rien… Je suis exténué.
- Tu es sûr ?

Féa remarqua que le long de sa main coulait le sang coulait abondamment.

- Mais tu perds du sang, tu es blessé !
- Ce n’est rien ne t’inquiète pas…
- Il faut soigner sa.

 Féa commença à relever la manche de son ami et vit une flèche dans son épaule, Yolm la repoussa.

- Tu es gravement atteint, il faut soigner sa, il doit bien y avoir une infirmerie ici. Tu as dû être touché par une flèche des gobelins que nous avons affronter, leurs flèches sont empoisonnées, il faut l’extraire et te soigner vite.

Yolm dont le visage était plus pâle que d’ordinaire eut soudain les yeux rouge sang. Il repoussa Féa qui tomba au sol et brandit son épée. Féa se releva tendit que Yolm menaçait Tylur. Yolm plaça d’un geste vif son épée à la gorge de son ami, il était prêt à le tuer… Tylur réussit à se dégager et Féa cria :

- Arrête ! Réfléchis ! il est notre ami ! Que t’arrives-t’il ? Crois-tu que cela va faire avancer les choses ? Et à ma vie, à la tienne y as-tu pensé ? Si tu le tues tu penses vraiment que nous repartirons aussi facilement ? C’est les deux pieds devant que nous quitterons cet endroit !

Yolm le repoussa une nouvelle fois violemment qui se retrouva à nouveau à terre. Celle-ci fut extrêmement surprise de la violence dont il faisait preuve. Tylur se précipita pour aider la jeune elfe à se relever. Yolm fit volte face et les menaça tous les deux.

- Il a perdu la raison, fais attention, je ne l’ai jamais vu dans un état pareil… Il est sous l’emprise de ce poison qui l’a rendu fou furieux !
- Je sais bien. Yolm, calme-toi, je suis ton ami, regarde-moi.
- Tu étais au courrant toi pour le cristal ! Chien, traître. Maudit soit le jour de ta naissance ! Je savais que tu étais un drow, j’aurais du me douter que tu me trahirais ! Et toi, garce, tu es de mèche avec lui ?!

A peine eut il finit de parler qu’il se rua sur lui. Féa se tenait plaquée contre le mur, ne bougeait pas terrorisé.

- N’es-tu point fou ? Je ne savais rien des intension de Fanui, je te le jure !
- Il en est de même pour moi ! Comment peux-tu penser une telle chose ?!
- Menteurs !

Yolm se rua de nouveau sur Tylur qui brandit son épée pour se défendre et qui évita de justesse la nouvelle attaque. Il se jeta encore une fois sur le drow et tous deux tombèrent au sol. Yolm se retrouva sur son ami qui avait perdu son épée, mais celui-ci le projeta en arrière. Il percuta le mur puis tomba violemment au sol, face contre terre. Tylur se tenait prêt à parer une nouvelle attaque, mais Yolm ne se releva pas, il ne bougeait plus. Féa se précipita vers son ami, elle le secoua, le retourna sur ses genoux et lui tapota les joues. Elle releva la tête les yeux pleins de larmes :

- Tylur, il est blessé… C’est… C’est son épée… Elle… Qui… Le…

Tylur accourut et s’accroupit près de la jeune elfe. Yolm était très mal-en-point : du sang coulait de ses blessures. Il vit que l’épée sur laquelle il était tombé l’avait traversé de part en part. Ses vêtements étaient ensanglantés, il était blessé a la tête, sa respiration presque indétectable était courte et saccadée.

- Il faut immédiatement le soigner, je vais le conduire dans sa chambre… Je le soignerais. N’ai crainte ton ami vivra ou je perdrais mon honneur !

Sur ces mots Tylur prit son ami dans les bras et le conduisit dans une chambre. Féa voulu elle aussi rentrer dans la chambre mais Tylur lui di d’attendre dans sa chambre et qu’il viendrait lui donner des nouvelles, il lui indiqua où était sa chambre et referma la porte derrière lui. Féa ne pu se résoudre à partir et s’assit dans le couloir face à la porte dans laquelle étaient rentrés ses deux amis, elle attendait là, immobile, les larmes noyaient son regard et lui brûlaient les joues.

***

Tylur entra dans une chambre somptueuse, le sol était en marbre, les murs étaient recouverts de tentures représentants des scènes de batailles, de personnages qui devaient être très certainement des dieux, de banquets et autres festivités. La pièce était immense, en son centre un lit gigantesque où les armatures en bois étaient richement ornées d’or et d’argent, on voyait aussi  les armoiries de la cité : deux  dragons enlacés, les draps étaient en soie verte. Tylur y étendit son ami sur le coté, toujours inconscient, il lui retira sa tunique blanche tachée de sang, il alla chercher de l’eau et des draps, puis revint au chevet de Yolm. Il rinça les blessures de ce dernier et lui ôta la flèche de l’épaule, Yolm, qui était toujours inconscient, grimaça de douleur. La blessure était propre et ne saignait presque plus, il sortit de sa poche des herbes aux propriétés apaisantes et cicatrisantes et lui en fit une compresse qu’il plaça sur la plaie, le tout fut recouvert par un pansement de tissus blanc. Il remit Yolm sur le dos et soigna de la même façon sa blessure à la tête. Il lui fallait à présent extirper l’épée de son ventre… Il  releva la tête de l’avariel  et lui fit boire une lampée d’alcool, il reposa doucement sa tête  et se mit debout sur le lit afin d’ôter l’épée. Il du prendre l’épée a deux main et du geste vif, il l’enleva, Yolm poussa un cri de douleur terrible. La plaie béante se remit à saigner abondamment. Tylur se servit de tissus pour faire un point de pression et ainsi arrêter l’hémorragie. Après quelques instants, celle-ci cessa, Tylur fit donc une compresse à l’aide de plantes et un pansement. Il fallait à présent empêcher que le poison ne continue de se rependre, mais pour cela il lui fallait des plantes qu’il n’avait pas en sa possession, il lui fallait aller dans la forêt pour ce les procurer. Il fit boire de l’eau à Yolm qui était toujours inconscient et sortit de la chambre sans faire de bruit.

Quand il ouvrit la porte, il vit Féa, assise face à elle, qui s’était endormie. Il la prit dans ses bras délicatement, sans la réveiller et la conduisit dans sa chambre. Il l’étendit sur le lit et ressortit de la pièce. Il se dirigea vers la forêt où il n’eut aucun mal à trouver se dont il avait besoin, en effet, il la connaissait par cœur, s’était son jardin secret, il y venait pour se retrouver et se réfugier quand il en avait besoin. Il rentra donc au château et retourna auprès de Yolm.

Yolm était très ajouté et la fièvre le faisait délirer, il parlait de façon inaudible et désorganisée et dans un langage étrange… Tylur tendit un peu plus l’oreille et chercha à savoir, il ne parlait pas en avariel, mais en Sylvain ! Tylur ne comprenait pas ce langage, mais savait le reconnaître…

* Comment un Avariel peut-il connaître ce langage ? *

Yolm gémissait, il semblait revivre quelque chose… Quelque chose de terrible… Tylur reprit ses esprits et prépara l’antidote. La mixture avait une odeur très forte et nauséabonde. Il suréleva la tête de Yolm et la lui fit boire puis lui reposa la tête doucement. Il le recouvrit de draps, Yolm tremblait de tous ses membres, la sueur perlait sur son front. Il se débâtait contre quelque chose, il gémissait de plus en plus fort. Tylur prépara une autre potion dont le but était de le calmer et d’apaiser ses souffrances, il la lui fit boire et quelques minutes après son absorption, Yolm se calma et paraissait à présent serin. Tylur sorti de la chambre et alla porter des nouvelles à Féa.

***

Tylur longea le couloir et frappa a la porte de la chambre de Féa, aucune réponse. Il entra doucement dans la pièce, Féa ne dormait pas, elle se tenait assise sur son lit, immobile. Tylur avança lentement vers elle, elle releva la tête :

- Comment va-t-il ?
- J’ai fait ce que j’ai pu, il n’est pas totalement hors de danger, mais je ne peu faire plus. C’est à lui de se battre à présent. Si il veut vivre, il vivra…
- Et ses blessures, le poison ?
- J’ai pu lui donner à temps le remède, le poison est enraillé. Pour ces blessures, s’est autre chose, aucun organe n’a été touché mais il a perdu beaucoup de sang… il est très agité, je lui ai donné quelque chose pour le calmer. Je peux te poser une question ?
- Biensur, parle, je t’écoute.
- Le connais-tu bien ?
- Bien je ne sais pas, mais assez pour savoir qu’il est droit et juste, il donnerait sa vie sans hésiter pour ses amis et les siens. Pourquoi ?
- Il a quelque chose  d’étrange, hormis ses ailes, il ne ressemble e rien à un avariel, de plus, tout à l’heure il délirait et parlait en sylvain… Connais tu la raison ?
- Je ne peux te répondre, tu devras lui poser la question quand son état le permettra. Puis-je aller le voir ?
- Biensur, il est seul et toujours inconscient, mais la présence d’ami l’aidera a se battre.

Féa laissa Tylur, seul et se rendit au chevet de Yolm. Elle prit une chaise et s’assit près de lui. Elle saisit sa main et la caressa. Elle le veilla toute la nuit et quand Yolm se réveilla au petit matin, il la découvrit assoupie, la tête posée sur le lit, lui tenant toujours la main. Il repoussa doucement la main et voulu se lever, mais la douleur était trop forte et le fit gémir, il retomba sur son lit. Féa se réveilla :

- Tu es réveillé ! Comment te sens-tu ?
- Ça va… Pas trop mal… Que s’est-il passé, pourquoi suis-je ainsi blessé ?
- Tu ne te souviens pas ? Quelle est la dernière chose que tu te rappelles ?
- Je ne sais pas trop…

Yolm avait beaucoup de mal a parler.

- Je me souviens que tu as remarqué que j’étais blessé…
- La flèche que tu avais dans l’épaule était empoisonnée et le poison t’a fait perdre la raison. Tu nous a agressé et Tylur t’a repoussé, tu es tombé, ta tête a percuté le sol et ton épée t’a blessé…
- Et Tylur, où est-il ? Comment va t’il ?
- Je vais très bien, rassure toi…

Tylur venait d’entrer.

- Ne parle pas trop, économise tes forces.
- Je suis stupide… Pardonne-moi…
- Tu n’as pas à t’excuser, s’est le poison qui t’a fait perdre la raison… Tu n’es pas en cause.
- Suis-je resté longtemps inconscient ?
- Depuis hier midi, mais ne parle plus, ta santé est en jeu. Économise tes forces.
- Je n’ai pas finit, ma santé n’est pas importante, partez dès maintenant a la recherche des cristaux…
- Mais et toi.
- Elle a raison, si je te laisse ici, je ne donne pas cher de ta vie… Et ce n’est pas une tache qu’une seule personne peut accomplir… Nous attendrons que tu sois rétablis. Repose-toi.

Yolm commençait à s’énerver et à s’agiter.

- Non il vous faut partir dès à présent. S’il le faut je me lèverais et je vous accompagnerais, mais ma compagnie ne fera que vous ralentir !

Il commença à se lever, mais la douleur le fit immédiatement retomber sur le lit.

- Tiens prends ceci, ça soulagera ta douleur.

Yolm but toute la mixture d’une seule traite et quelques instants plus tard, il dormait.

- Que lui as-tu donné ?
- Un puissant sédatif et quelque chose contre la douleur. Je me doutais que s’il se réveillait de bonne heure il voudrait partir, j’avais préparé ça juste au cas où. Il ne doit en aucun cas se lever ou sa blessure se rouvrira et là je ne pourrais plus rien pour lui… Viens et laissons le, il a besoin de repos.
- Il risque de très mal prendre ce que tu viens de faire…
- Je sais, mais s’est pour son bien. Allons nous reposer, la nuit a été longue pour tout le monde. Quand nous nous seront suffisamment reposé nous préparerons tous pour notre départ, de cette façon nous serons près le moment venu…
- Tu ne pourras pas recommencer cette parade pour qu’il se tienne tranquille…
- Je sais, mais la il devrait dormir au minimum jusqu’à demain… Mais ça ne sera pas suffisant pour son rétablissement, j’essayerais de nous trouver des montures.

Féa fit signe qu’elle partageait son avis et tous deux sortirent de la chambre et chacun se dirigea vers sa chambre.
Apres plusieurs heures d’un repos bien mérité Tylur et Féa se retrouvèrent devant la porte de la chambre de Yolm, Tylur y jeta un coup d’oeil :

- Tout va bien, il dort encore à poing fermé, allons préparer notre départ.

 Ils allèrent chercher des vivres, de l’eau et réussirent à trouver trois montures, des loups géants, ces animaux venaient d’êtres trouvés, donc Tylur ne les connaissaient pas et ne savait pas s’ils étaient doux, mais ils feraient très bien l’affaire. Ils remontèrent, sans faire de bruit, le couloir de la chambre de Yolm afin de voir si tout allait bien, quant ils virent Yolm avancer vers eux en titubant.

- Que fais-tu là ? Es tu fou ? retourne dans ta chambre te reposer !

Yolm avait toujours du mal a parler et à récupérer son souffle :

- Vous ne m’avez pas écouté. Partons immédiatement, le temps nous est compté. Et ne me refais plus jamais ce coup la Tylur !
- Hem… Nous venions te chercher, nous avons tout préparé pour notre départ.

Tylur vit que Yolm se déplaçait avec grand peine, il l’aida donc a se déplacer en passant le bras de Yolm sur ses épaules fin de le soutenir.

- Nous avons des montures, des vivres et de l’eau, regarde tout est prêt !
- Très bien alors partons, nous avons assez perdu de temps comme cela…
- N’as-tu pas trop mal, je peux te donner quelque chose contre la douleur et cette fois ci il n’y a rien de dans tu as ma parole.
- Non ça va, c’est supportable.

Yolm voulu monter seul sur le loup mais ses tentatives se soldèrent par des échecs. Tylur et Féa finirent par l’aider. Yolm n’aimait pas se sentir dépendant, mais il devait cette fois reconnaître qu’il n’avait pas le choix.

- Dans quelle direction partons-nous ?
- Les marais de Sholka.

Chapitre VI



Yolm prit la tête de l’expédition, il faisait mine que tout allait bien, mais la douleur lui tiraillait le ventre. Il ne voulait pas demander à Tylur de l’aide, de peur de sembler faible. Tylur voyant le jeu que Yolm jouait mit de la potion dans son eau et la tendit a Yolm.

- As-tu soif ?
- Oui, merci.

Tylur se posait des questions sur Yolm et décida de rentrer dans le vif du sujet, il resta à sa hauteur et le questionna :

- Puis-je te poser une question sur toi ?
- Biensur, que risques-tu ? Si je te saute dessus tu n’auras qu’a me frapper au ventre !

Yolm souriait, Tylur lui rendit son sourire.

- Quand tu étais inconscient hier, tu a marmonné quelque chose en sylvain…
- Oui ?
- Je voulais savoir d’où te viens cette connaissance de ce langage…
- Mes parents étaient des elfes Sylvain.
- Je ne comprends plus rien, quand nous nous sommes rencontrés tu t’es présente comme étant un avariel, et là tu me dis que tes parents sont des…
- J’ai dit « étaient », souviens toi, je ne me suis pas présenté. Tu as vu mes ailes et tu en as tiré tes propres conclusions toi-même en voyant mes ailes.
- C’est vrai, mais quand je t’ai présenté à Fanui en tant qu’avariel tu n’as pas dis le contraire…
- Oui, mais je n’ai pas à me justifier devant ton seigneur.
- Excuse- moi d’insister, mais je ne comprends toujours pas.
- Mon village a subi une attaque, alors que j’étais enfants, je suis le seul survivant. Un groupe d’avariel a été attiré par la fumée du village et l’une d’entre elle m’a recueillit et élevé comme si j’étais son propre fils. Afin que je puisse m’intégrer complètement à eux, les avariels m’ont fait cadeau de ses ailes.
- Ceci explique beaucoup de choses… Pardonne- moi d’avoir réveillé de vieilles blessures.
- Ne t’excuse pas, la blessure n’a jamais été refermée, elle s’est juste atténuée avec le temps.

Féa vit que Tylur était très mal à l’aise et que Yolm commençait à fatiguer.

- Que pensez vous de faire une pause afin de se reposer un peu et de se restaurer, cela fait bien longtemps que nous sommes partis.
- Très bonne idée Féa ! Qu’en dis-tu Yolm ?
- Comme vous voulez, nous aurions pu continuer encore, mais puisque vous êtes deux, je m’incline.

Ils s’arrêtèrent sous des arbres afin d’être à l’ombre, le soleil tapait très fort. Yolm eut beaucoup de mal à descendre du loup, mais il y parvint sans aide. Il s’appuya le long d’un arbre et s’assit. Tylur décrocha son sac de la scelle du loup et s’approcha de Yolm :

- Il faut changer les pansements de ta blessure au ventre, celui de l’épaule peut attendre ce soir.
- Tu avais réellement envie de t’arrêter, ou étais tu inquiet et tu as utilisé une excuse ?
- Je t’avoue qu’il y a un peu des deux…
- Je m’en doutais !
- Laisse toi faire.

Quand Tylur enleva le pansement, il constata que la blessure s’était de nouveau ouverte et que Yolm avait encore perdu beaucoup de sang. Il souffrait le martyre, mais il ne disait rien, il ne se plaignait pas et Tylur admirait Yolm pour cette raison. Il changea le pansement sans dire un mot tandis que Féa sorti de quoi se nourrir et de l’eau. Quand il eut fini de changer le bandage, il leva la tête et vit que Yolm s’était assoupi, la sueur perlait sur son front. Féa s’approcha des deux elfes et mit sa main sur le front de Yolm.

- Il est brûlant…
- Je n’ai rien dis pour ne pas l’effrayer, mais sa blessure n’est pas belle, elle s’est infectée. S’il continue ainsi, je ne lui donne pas trois jours.
- Comment pouvons-nous faire pour qu’il reste tranquille ?
- Je peux lui faire boire un somnifère, mais le dernier, qui était pourtant puissant n’a eu sur lui que peu d’effet et si je le surdose de trop je pourrais le tuer.
- Essaye de lui en donner un, mais un peu plus fort…

Tylur fit boire le somnifère à Yolm, il se tourna vers Féa :

- Mangeons à présent, après nous nous reposerons, je prendrais le premier tour de garde…

Quand le repas fut terminé, Féa s’étendit près de Yolm et s’endormit. Tylur, quant à lui, restait aux aguets, il descella les loups afin qu’ils puissent également reprendre des forces. Yolm s’agita de nouveau pendant son sommeil, il parlait en sylvain, ou plutôt il appelait quelqu’un.

* il doit revivre se qui s’est passé durant son enfance *

Après quelques heures, Féa se réveilla et prit la place de Tylur qui alla se reposer. L’agitation de Yolm était de plus en plus réfrénée, Tylur qui avait entendu son agitation s’approcha et constata que Yolm ne remit plus a cause de ses rêves, mais qu’il convulsait.

- Féa viens tiens le ! Il convulse, l’infection doit etre plus importante que je ne le pensais !

Féa s’assit sur les jambes de Yolm afin de les maintenir immobiles et elle lui maintenu les mains et les bras immobile en s’appuyant dessus. Tylur lui fit boire quelque chose qui le calma presque instantanément. Féa s’assit a coté de lui :
- Pourquoi a-t-il réagit ainsi ?
- Son infection est plus étendue que je ne le pensais, il doit rester allonger, je lui ai donné un remède, mais cela va annuler l’effet du somnifère. Quand il sera réveillé, je lui expliquerais et nous le forcerons à rester allonger par tous les moyens possibles, même si pour cela nous devrons l’entraver…

Yolm commençait déjà à se réveiller.

- Hum… Pourquoi faites-vous cette tête.

Il tenta de se rassoire, mais la douleur fut si forte qu’il hurla de douleur. Il ne lui était à présent plus possible de cacher sa souffrance. Tylur fit signe a Féa de les laisser seuls, ce qu’elle fit.

- Qu’as-tu de si important à me dire pour que tu fasses partir Féa ?
- Ton état de santé est très préoccupant…
- Que veux-tu dire ?
- Rien d’autre que ce que je viens de dire et ce que je t’ai déjà répété, si tu veux vivre tu dois rester allonger pendant un certain temps.
- Mon état de santé ?

Yolm avait de plus en plus de mal à s’exprimer, chaque mot qu’il prononçait était pour lui un effort énorme, mais il ne voulait pas montrer sa faiblesse, il se sentait impuissant et fragile, il en avait honte et ne voulait pas que ses amis se rendent compte de son infériorité.

- Ta blessure s’est de nouveau ouverte et s’est infectée. Il faut que tu restes allongé, je t’en conjure ne joue pas ta forte tête. Je sais que tu souffres, malgré tes efforts, cela se voit.
- Rester allongé mais tu n’y penses pas ! Qui va rassembler le cristal ?
- J’irais et Féa restera avec toi.
- Il en est hors de question, je ne pourrais pas veiller sur elle si nous sommes attaqués, et toi tu seras seul… Non elle doit partir avec toi !
- Je peux me débrouiller seul, si nous te laissons seuls, qui prendra soin de toi ?
- Je pensais moi aussi pouvoir me débrouiller seul dans cette quête mais cela est impossible je m’en suis rendu compte en vous rencontrant, toi et Féa. Je ne peux protéger Féa, elle part avec toi ! il y a deux solutions, vous partez tous les deux, ou je vous accompagne. Le choix te revient.
- Tu n’es pas en position de décider !
- Crois-tu que vous pourriez m’obliger à rester immobile tout en sachant que l’un de vous se retrouve seul face au danger par ma faute ? Même si je devais partir à pied je te suivrais. J’ai déjà vu mes parents se faire massacrer alors que je ne pouvais rien faire, penses-tu que je laisserais l’un de vous mourir par ma faute ?
- Ne ressasse pas tes souvenirs et cesse de t’inquiéter. Pour le moment repose toi, je vais réfléchir a une solution, nous en reparlerons demain.
- Mais…
- Pas de mais, tu te comporte comme un enfant capricieux ! cesse de pleurnicher et sois un peu égoïste, pense à toi ! Je reviendrai tout à l’heure pour voir si tout va bien.

Tylur parti rejoindre Féa qui s’était éloignée.

- Que t’as t’il dit ?
- Il dit qu’il y a deux solutions, on le laisse seul, ou alors il vient avec nous… Mais comment peut-il nous suivre tout en restant allongé ?
- J’ai entendu parler d’un village de Sylvain non loin du marais de Sholka, il semblerait qu’ils peuvent soigner n’importe quelle blessure en quelques heures, mais la question est comme tu l’as si bien dit comment l’y faire venir sans qu’il se lever…
- J’ai une idée, je pense que ça pourrait marcher. Si nous faisions un brancard à l’aide de branche, de lianes que nous aurons préalablement tressées, de feuilles et de mousse afin que le tout soit le moins inconfortable possible. Qu’en penses-tu ?
- Ton idée me paraît bonne, mais comment allons nous emmener Yolm jusqu’aux Sylvains ?
- Nous attacherons le haut du brancard à son loup et le bas traînera au sol… Je ne vois que ça.
- Oui, je vois… Mais il faut que le sol soit le plus régulier possible.
- Nous n’avons pas le choix. Commence à ramasser ce qu’il nous faut et à tresser les lianes. Je vais informer notre ami de ce que nous allons faire.

Tylur alla rejoindre Yolm qui ne dormait toujours pas, il semblait calme et serein.

- Tu ne dors pas ?
- Je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je pense à trop de choses, qu’as-tu décidé ?
- Non loin du marécage il y a une cité de Sylvains, ils ont un don particulier pour soigner, nous allons t’y conduire et nous t’y laisserons.
- Comment pouvez-vous m’y emmener si je dois rester ainsi allongé ?
- Ne t’en fais pas, tu comprendras bien assez tôt. Je vais aider Féa pour les préparatifs de notre départ, en attendant, fais-moi plaisir et dors un peu.
- Je n’y parviens pas… Ce n’est pas faute d’avoir essayé.
- Ta blessure te fait encore souffrir ?
- Oui, la douleur est de plus en plus forte et puis… Je m’en veux d’être un fardeau pour vous. Vous auriez dû me laisser là-bas !
- Je vais te donner quelque chose contre la douleur, veux-tu quelque chose pour dormir ?

Yolm hésita un instant.

- Oui.
Tylur lui fit boire la potion et tandis que Yolm s’endormait, il partit aider Féa. Au bout d’une heure leur ouvrage était achevé. Ils décidèrent de passer la nuit ici.

Au petit matin, ils approchèrent le brancard de Yolm, tous deux le portèrent et l’y placèrent délicatement. Yolm dormait, calme, serein et presque apaisé. Féa rassembla leurs affaires et Tylur scella les loups. Il accrocha le brancard et ils prirent la route. Après une demi-journée de chevauchées, ils arrivèrent près d’une forêt où ils furent arrêtés par deux elfes Sylvains.

Le premier les menaçait de son arc, il était grand, fin, ses longs cheveux blonds reposaient sur ses épaules. Il était tout de vert vêtu ce qui se mariait parfaitement avec la forêt. Le second, un peu plus grand lui ressemblait beaucoup. Il tournait autour des nouveaux arrivants.

- Nous venons en paix pour vous demander assistance, notre ami, qui est l’un des votres, est grièvement blessé.
- Baisse ton arc Baldur, il dis vrai, leur ami est blessé.
- Très bien.
- Que lui est-il arrivé ?
- Il as reçu une flèche dans l’épaule et un coup d’épée dans le ventre.
- L’un des notres dit-tu ? en effet il a tout l’air d’un sylvain, mais il a des ailes…
- Il vous expliquera mieux que moi.
- Très bien, nous prodiguerons des soins à votre ami, nous allons l’emmener, mais vous continuez votre chemin, il vous rejoindra le tps venu.

Les deux elfes décrochèrent Yolm, le portèrent dans la forêt. Tylur et Féa qui n’eurent pas le temps de réagir les perdirent de vue presque immédiatement. Tylur se tourna vers sa compagne :

- Partons immédiatement, il n’y a plus de temps a perdre. Ne t’inquiete pas, il nous rejoindra.
Par Rickaël - Publié dans : Le Cristal Désuni
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Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /Jan /2009 11:07
Chapitre III

Le soleil n’était pas encore levé que nos deux compagnons étaient déjà éveillés. Ils n’échangèrent pas un mot. Féa préparait des vivres et ses armes tandis que Yolm préparait Nolë pour leur départ.

- Es-tu sûre de vouloir m’accompagner, je ne t’en voudrais pas si tu avais changé d’avis.
- Rassures-toi je sais ce que je fais, je n’ai pas l’intention de revenir en arrière. Je ne suis pas de ceux qui s’engagent pour abandonner ensuite. Elle le regarda, Je suis prête et toi ?
- Nous aussi sommes prêts. Nous pourrons monter sur Nolë une fois sortis de la forêt.
- Très bien alors partons.

Ils partirent donc en direction des Montagnes de l’Oubli.

Une fois sortis, ils arrivèrent de nouveau dans les Plaines arides de Cerca. Après plusieurs heures de marche, ils atteignirent une rivière où l’eau était cristalline. Ils décidèrent de faire une halte.

- Tu en sais plus sur la cause de ces évènements n’est-ce pas ? Questionna Féa.
- Oui, bien plus ...
- Alors explique-moi ce qu’il se passe exactement ! Je dois savoir. Tu peux me faire confiance, nous avons le même but ! Empêcher que le monde sombre dans le mal !
- Tu as raison, tu as le droit de savoir. À l’origine le mal gouvernait le monde. Le bien était banni. Un jour, les peuples prirent conscience que le mal n’était pas tout. Qu’il y avait autres choses. Une chose pour laquelle cela valait le coup de se battre. Cette chose s’était le bien. Tous les peuples se réunirent alors à l’insu du mal et créèrent un cristal. Il serait né grâce à l’aide de cinq éléments, l’eau, le vent le terre et le feu, ces éléments furent renfermés dans cinq parties du cristal.
- Tu as parlé de cinq éléments, mais tu m’en a cité que quatre, quel est le cinquième ? L’interrompit-elle.
- C’est vrai, je n’en ai dit que quatre, le cinquième c’est la sincérité. Ce cristal avait le pouvoir de repousser le mal, il fut mis en sécurité dans un endroit secret.
- Mais quel est le rapport avec ce qu’il se passe aujourd’hui ? L’interrompit-elle encore une fois.
- Laisse-moi finir !! Ce cristal a fini par devenir une histoire, puis un compte et maintenant une légende oubliée. Pourtant il existe et aujourd’hui il a été brisé. Il nous faut donc retrouver les morceaux qui ont été semés par le vent.
- Mais comment les retrouver ?
- J’ai un sort qui me permet de les localiser. Le premier morceau est dans ces montagnes.
- Et duquel s’agit-il ?
- Je ne sais pas. Ce que je sais s’est qu’il nous faut tous les retrouver pour reformer le cristal et ainsi vaincre le mal.
- Alors nous devrions y aller avant que la nuit tombe.
- Tu as raison, partons

Féa et Yolm remontèrent sur le dos de Nolë et Reprirent la route.

Au bout de quelques heures, ils se retrouvèrent face aux Montagnes de l’Oubli. Il faisait déjà nuit, et ils ne distinguaient presque pas la montagne.

- Faisons une halte pour la nuit. Nous devons reprendre des forces pour pouvoir gravir cette montagne.
- Tu as raison, en plus nous ne voyons plus rien. Se serait trop dangereux de monter. Nous risquerions de tomber.
- Oui, et puis après cette longue journée nous avons bien mérité un peu de repos.

À peine eurent-ils poser le pied sur le sol, qu’ils entendirent des couinements, des ricanements et des grognements. Ils foncèrent dans les buissons. Une odeur puante et nauséabonde vint leur caresser leur nez.

Des Gobelins passaient devant eux. Ils étaient une petite dizaine. Ils étaient aussi puants que laids. Cette horde était armée jusqu’aux dents. Féa fit signe qu’elle voulait y aller. Yolm lui chuchota qu’il valait mieux les laisser passer car ils pourraient, par le bruit, donner l’alerte, s’il y en avait d’autres.

La Licorne hennit de peur, les Gobelins l’entendirent et se ruèrent vers la source du bruit. Nos deux compagnons bondirent du buisson sur eux. Les Gobelins étaient certes plus nombreux, mais ils ne savaient pas se battre. Les deux Elfes n’eurent aucun mal à en venir à bout. Le combat ne dura que quelques instants, Féa et Yolm les avaient anéantit à l’aide de leurs épées, ils n’eurent même pas besoin de se battre en corps à corps.

***

Les gobelins étaient ni grands, ni petits, et étaient très intelligents, leur peau était généralement verte, ils étaient d'un aspect maigrichon. Leur visage était en forme de triangle, et avait de grandes oreilles pointues, des petits yeux ronds et perçant, un nez crochu, une bouche mince et de petites dents aiguisées et pointues. Ils étaient très agiles de leurs doigts. Les gobelins étaient très bruyants et bavards. Ils vivaient en tribus et étaient nomades, ils se déplaçaient le long des forêts, des berges fluviales et le long des montagnes, ils troquaient souvent avec les autres créatures et avaient toujours le dernier mot. Ils leur arrivaient souvent de voler, pour revendre plus tard à d'autres tribus ou à d’autres gobelins leurs butins, c'était un moyen simple et peu coûteux de gagner de l'argent. Les tribus gobelins avaient des esclaves pour transporter leurs ferrailles, et leurs matériels, les esclaves étaient des elfes, des nains ou des hommes qui s’étaient rendus après des batailles puis réduits à l’état d'esclavage.

Au-devant de la caravane, des éclaireurs chevauchants des loups géants patrouillaient, dès qu'ils apercevaient un village où une autre caravane, ils allaient vite le dire à leur Roi, puis ils allaient tous piller ce village ou cette caravane. Certaines tribus de gobelins étaient très riches grâce aux pillages qu’ils avaient effectués, et celui-ci constituait à la longue un immense butin très riche. Les gobelins adoraient exhiber leur richesse, en portant de nombreux anneaux, des dagues, et des casques plus gros que leurs têtes.

***

Après cette bataille, ils durent cacher les corps pestilentiels afin qu’ils ne soient pas découverts. Ils les mirent donc dans les buissons et y restèrent quelques heures.

- Crois-tu vraiment qu’ils seront vraiment discrets vue leur odeur ? Demanda t’elle sur un ton ironique.
- Je ne sais pas, mais je l’espère ! Yolm esquissa un sourire.

Ils partirent le long de la montagne pour trouver un endroit plus sûr où dormir. Ils arrivèrent près d’un ruisseau qui descendait la montagne. Il y avait de gros rochers Ils décidèrent donc de faire leur halte derrière ceux-ci et y restèrent quelques heures.

Le soleil commençait seulement à se lever tandis que Yolm et Féa se préparaient à repartir. Ils étaient au pied de la plus grande des Montagnes de l’Oubli. Ils commencèrent alors leur ascension vers le sommet du mont.

Autour d’eux, il n’y avait que des pierres, des rochers, des cailloux et des graviers. Rien ne semblait vivre, seul le cours d’eau donnait de l’espoir à nos aventuriers, de rencontrer des végétaux ou autres créatures inoffensives. Les roches et la terre étaient noires. Il n’y avait aucun bruit, si ce n’est celui des chutes de pierre et le ruissellement de l’eau.

Soudain, ils entendirent un bruit de souffle … Ils s’immobilisèrent et se réfugièrent derrière un énorme rocher. Le souffle semblait être très proche, et même à côté d’eux, Yolm vit Féa qui semblait fixer quelque chose, il regarda dans la même direction qu’elle et s’aperçu que le rocher bougeait. Ils le fixèrent, ébahis et paralysés de peur, il fallait se rendre à l’évidence, ce qu’ils avaient pris pour un énorme rocher était en fait un énorme dragon et ils l’avaient réveillé!

Le vieux dragon se prénommait Raffit, quand il vit les deux Elfes s’approcher de lui et trembler de peur à sa vue, il s ‘écria :

- Que fait vous là étrangers ? Je suis le gardien de ces lieux. N’avancez plus ou je vous réduis en cendre !

Féa balbutia quelque chose d’inaudible.

Yolm lui lança un regard noir et lui dit :

- Nous ne faisions que nous cacher. Nous pensions que… Vous étiez… Euh… un…

Raffit l’interrompit :

- Vous pensiez quoi ? Que j’étais un rocher ? Dit-il excédé.

Nos deux amis ne répondirent rien, trop secoués par cette soudaine apparition.

Le vieux dragon était aux couleurs de la montagne. Ses ailes et ses écailles étaient pareils aux rochers, aussi tranchantes et grises que des lames de rasoir. Il avait les yeux jaunes et ne les lâchait pas du regard.

Il reprit face au silence de Yolm et Féa :

- Répondez, n’ayez crante jeunes elfes ! Vous pensiez quoi !!

Yolm prit une grande respiration avant de s’adresser au colosse qui se tenait face à lui.

- Sans avoir voulu aucunement vous manquer de respect, nous vous avons effectivement pris pour un rocher. Pour éviter d’avoir à affronter la horde d’Orcs nous nous sommes réfugiés malencontreusement derrière vous. Pardonnez-nous cette maladresse, nous ne savions pas…

Raffit l’interrompit encore une fois.

- Vous ne faite donc pas partie de cette bande de créatures immondes ! C’est tout à votre honneur ! Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour cet accueil, mais en ces tps troubles, il me faut me méfier de tout le monde.

A ces mots Féa et Yolm reprirent leur souffle. Féa s’approcha du dragon et dit :

- Vous êtes tout excusés. De nous quatre (Féa comptait la licorne) ceux qui doivent s’excuser c’est bien nous. Nous vous avons quand même pris pour des rochers.
- Cela arrive sans cesse, n’ayez crainte. C’est l’avantage d’être un dragon des montagnes. Il est facile pour moi, de se dissimuler ou l’on veut dans le montagne !

Ils rirent tous ensemble.

- Mais que fait un Avariel, une Elfe Aquatique et une Licorne Ailée aussi loin de leurs contrées ? Surtout avec ce qu’il se trame ces temps-ci. Je ne sais pas ce que s’est, mais cela n’indique rien de bon !
- Nous devons aller au sommet de la montagne. C’est très important !
- Quelque chose me dit que cela à avoir avec ce qu’il se passe en ce moment. Je me trompe ?
- Oui et non. Pardonnes-nous, nous sommes pressés et nous ne pouvons t’en dire plus. Dit Yolm.
- Je comprends. Vous devez sûrement aller au temple de la montagne s’est ce pas ?

Nos deux héros se regardèrent, étonnés d’apprendre qu’il y avait un temple en haut de la montagne. Ils dirent alors en choeur à voix basse :

- Quel temple ?
- Se doit être là que se trouve le premier fragment du cristal ! Chuchota Féa.

Puis Yolm reprit :

- Oui, c’est là où nous devons aller.
- Très bien, dit le dragon. Je vais vous y conduire. Connaissiez-vous un peu l’histoire de ce Mont ?
- Non.
- Désirez-vous que je vous la raconte ?
- Avec grand plaisir ! Dit Féa

Les deux Elfes le remercièrent et, avec la licorne précédèrent.

- La montagne est très imposante. Elle est formée par un amoncellement de rocs marron rougeâtre. Elle est autant stupéfiante, qu’effrayante. Ne trouvez-vous pas ?

Nos deux amis acquiescèrent après avoir regardé autour d’eux.

- Quand on la regarde, on se demande comment elle peut tenir debout. En effet, elle n’est constituée que de rochers, de rocs et de cailloux. Tout cet amoncellement de rocailles est dû, aux Nains. Ce sont toutes les roches que les Nains des Montagnes avaient enlevées de leurs galeries, lorsqu’ils creusaient leurs mines dans les parages.

Il marqua une pause et reprit :

- Les glissements de terrain y sont relativement courants et très violents. Au fur et à mesure que le temps passe le Mont Minas Erais s’affaisse et donc perd de sa hauteur. On dit même que, dans plusieurs siècles, la montagne deviendra une colline puis disparaîtra ? Mais étonnamment, lorsque le Mont perd plusieurs mètres, elle semblerait se reconstruire, s’était comme si, il était vivant. Au milieu du Mont se trouve le temple du feu.

Raffit regarda les deux jeunes Elfes qui ne faisaient aucun bruit de peur de perdre, quoi que se soit de son récit. Puis il continua :

- Cette montagne est peuplée de créatures hostiles, nauséabondes et cruelles telles que les gobelins. Elles guettent le moindre visiteur pour lui souhaiter la bienvenue à leur manière, mais bien d’autres créatures malveillantes errent dans cette montagne.
Il toussota.

- On raconte aussi que sur le Mont Minas Erais vit un dragon assoiffé de sang. Il aurait été à l’origine de la désertion des mines par les nains. Et bien sûr le seul dragon qu’il n’y ai jamais eu ici c’est moi.

Raffit était heureux d’avoir de nouveaux amis et alliés, leur souriait.

Soudain, ils entendirent quelque chose. C’étaient des ricanements, des grognements et des pas très lourds. Il s’agissait d’une horde d’Orcs, qui avaient dû être attirés par les bruits que nos héros avaient fait. Ils devaient être quarante ou cinquante, peut être plus. Féa, Yolm et Nolë n’auraient eu aucune chance s’il n’y avait pas eu le vieux dragon à leur côté.

Le vieux dragon leur dit alors de partir, de fuir et d’aller au plus vite au temple, il les couvrirait. À ses mots, nos compagnons prirent la fuite et arrivèrent au sommet de la montagne. La haut, ils entendirent un hurlement de douleur lâché par Raffit.

Féa, les yeux plein de larmes se tourna vers Yolm.

- Tu crois qu’il s’en est sorti ?

Chapitre IV

Yolm serra Féa dans ses bras pour la rassurer.

- Il a dû les vaincre……. Mais nous ne pouvons nous en assurer. Il nous faut continuer, il ne faut pas que Raffit ai fait cela pour rien. Il nous a parlé d’un temple….. Allons-y !
- Tu as raison, partons sans plus attendre.

Féa regarda une dernière fois dans la direction d’où venait le cri, puis elle prit la main que Yolm lui tendait pour l’aider à monter sur Nolë. Au bout de plusieurs heures d’ascension, ils arrivèrent devant une stèle de marbre d’au moins deux mètres de haut. Il y était inscrit : « Sois le bienvenu, pèlerin du mystère. Tu n’iras pas plus loin car tu es arrivé. Tu es ici aux portes du temple de l’élément ». Derrière elle se trouvait des immenses portes en pierre, où le mécanisme d’ouverture était une énigme : « Celui qui arrivera à relier ces neuf points, avec quatre droites avec le doigt, sans repasser sur ce qui a été tracé et sans lever le doigt, verra les portes s’ouvrir à lui ». Les points de cette énigme étaient disposés ainsi :


°         °         °

°
         °         °

°
         °         °


Féa et Yolm se regardèrent et commencèrent à réfléchir. Aucun d’entre eux n’avait trouvé la solution. Ils commencèrent à désespérer, cela faisait bien deux heures qu’ils se creusaient la tête. Exténués, ils décidèrent de marquer une pause et de dormir un peu, après tout, la nuit porte conseil. Féa ne réussissait pas à trouver le sommeil car elle avait beaucoup trop froid. Elle pensait à ce qu’elle avait laissé derrière elle, sa famille, ses amis, son peuple… Mais ce qui lui manquait le plus s’était l’eau, on disait des Elfes Aquatiques que s’ils restaient trop longtemps sans se plonger dans l’eau, ils perdaient tout espoir ainsi que leur joie de vivre. C’est ce qu’il commençait à arriver à Féa.

Elle tremblait et claquait des dents. Le bruit de ses dents qui s’entrechoquaient réveilla Yolm. Celui-ci se tourna vers elle, lui sorti de son sac une autre couverture et lui dit

-    Tiens, prend cette autre couverture, nous ne pouvons faire de feu car cela signalerait notre position.
-    Je ne le sais que trop bien. Ne t’inquiète pas pour moi, merci et repose-toi.
-    Très bien, si tu es sûre de toi !

Féa réussi enfin à se réchauffer, puis elle s’endormit. Yolm, quant à lui, ne parvint pas à se rendormir.

Il se leva, alla devant l’énigme et traça sur le sol les neuf points, il chercha pendant des heures. Au petit matin, avant même que le soleil ne se soit levé, il trouva la solution. * C’était si simple ! Pourquoi n’y avait-il pas pensé avant !!!!!?? * Yolm riait lui-même de sa bêtise, il était inscrit simplement qu’il fallait les relier tous entre eux, mais les droites pouvaient sortir du dessin !


Yolm se leva et se dirigea vers la porte et résolvait l’énigme. 

Féa sursauta en entendant un bruit de pierre glisser, dans un énorme fracas sur le sol. Elle était réveillée à présent et regarda autour d’elle, cherchant Yolm du regard. Elle ne le trouva pas. Elle se leva et entendit les rires de Yolm. Féa se dirigea donc vers l’endroit d’où venaient ses rires et elle vit Yolm qui souriait devant les portes grandes ouvertes.

-    Tu as réussi !!! Mais comment as-tu fait ?
-    La solution était évidente ! Regarde !

Il lui montra le dessin.

-    Effectivement, mais encore fallait-il y penser !

Ils entrèrent tous deux dans le temple et laissèrent Nolë derrière eux, libre de tout son harnachement pour qu’elle puisse éventuellement fuir.

Ils étaient à présent au centre de la montagne, il y faisait une chaleur insoutenable. Ils étaient dans un long couloir où, au fond, on voyait une source de lumière rouge. Au bout du couloir, ils arrivaient sur un pont de pierres. Sous ce pont s’écoulait de la lave.

Féa cria :

-    Mais c’est un volcan !

Les Elfes Aquatiques avaient une peur phobique de la lave. En sa présence, ils paniquaient, ne se contrôlaient plus et perdaient tous leurs moyens.

Féa commençait à s’agiter.

-    Reste calme ! Ne panique pas ! Cria Yolm.

Elle était tellement paniquée qu’elle ne l’avait pas entendu, ses yeux continuaient à fixer la lave en dessous d’elle. La peur lui fit perdre connaissance, et elle tomba dans le vide. Yolm eut juste le temps de la rattraper par la main, il la remonta jusqu’à lui et la porta de l’autre côté du pont.

-    Féa, Féa… Dit-il doucement en lui tapotant la joue. Réveille-toi…
-    Hum… Murmura Féa.

À peine eut-elle ouvert ses yeux qu’elle voulut se relever immédiatement. Yolm l’en empêcha en la serrant contre lui. Soudain elle fut reprise par la panique.

-    Reste calme, il ne t’arrivera rien, je suis là.

Elle haleta et transpirait. La sueur perlait sur son front.

-    Regarde-moi ! Reprit-il. T’ai-je déjà menti ? Respire calmement.Concentre-toi….. N’écoute que ma voix.

Sa respiration commençait à se calmer.

-    C’est ça… Doucement… Respire… Continu, c’est bien…

Féa fixait les yeux de Yolm. Sa respiration était redevenue normale. Les yeux pleins de larmes, elle s’endormit dans ses bras. Il la laissa dormir quelques heures, puis elle se réveilla.

-    Hum… Que… Que s’est-il passé ? Dit-elle à peine éveillée.
-    Nous sommes dans le temple, dans la montagne ou plutôt le volcan… Comment te sens-tu ?
-    Ça va… Mais pourquoi suis-je ainsi étendue au sol ?
-    Tu as perdu connaissance… Je t’ai donc laissée dormir, tu en avais grand besoin.
-    Tu aurais dû me réveiller, le temps nous ai compté !
-    Je le sais très bien, mais tu étais extenuée. Tu n’aurais fait que nous ralentir.
-    C’est vrai, tu as eu raison, mais à présent sa va mieux. Partons !
-    Très bien comme tu voudras.

Ils reprirent la route et suivirent un chemin de terre noire. Yolm se demandait pourquoi elle avait eu une réaction aussi violente à la vue de la lave. Il se tourna vers elle et dit :

-    Puis-je te poser une question ?
-    Oui, dit-elle en souriant.
-    Pourquoi as-tu paniqué en voyant la lave ?
-    Et bien… Pour nous, les Elfes Aquatiques, la lave est notre pire ennemi et nous en avons grand peur. Ceci s’additionne au fait que l’eau me manque… Je ne pouvais plus me contrôler.
-    Je n’en savais rien… Excuse-moi.

Il prit un air navré.

-    Tu es pardonné. Tu n’as pas agi sciemment. Tu ignorais tous cela et tu ne pouvais le deviner…

Ils arrivèrent devant une porte de pierre, devant laquelle se trouvait une jarre. Il y était inscrit « Placer ici ce qui y a sa place ». Les deux jeunes Elfes se regardèrent. C’était du feu, ils en étaient certains ? Pour eux cela ne faisait aucun doute !

Ils y mirent donc du feu et la porte s’ouvrit, il y était écrit « Bienvenu ami » en Elfique. Ils rentrèrent et virent dans un halo de lumière rouge entourant le premier morceau du cristal désunifié.

Dès qu’ils l’eurent saisi, ils furent comme téléportés à l’entrée du temple.


- Je ne sais pas, je l’espère.


Yolm fixait l’horizon, il savait qu’il n’y avait que peu de chance que le dragon ai survécu, mais il ne voulait pas faire souffrir d’avantage sa compagne.
Par Rickaël - Publié dans : Le Cristal Désuni
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Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /Jan /2009 11:04

Chapitre I



Cela faisait plusieurs heures déjà qu‘il regardait fixement la forêt : elle était d’un calme olympien, rien n’y entrait, ni n’en sortait. Seul le bruissement des feuilles portées par le vent parvenait à ses oreilles, il ne semblait pas y avoir âmes qui vivent. Ce silence était signe de mauvais présage…

Il restait là, immobile, observant de ses grands yeux verts la forêt, à la recherche du moindre signe. Ses longs cheveux argent emportés par le vent, se mariaient parfaitement avec sa tunique et sa cape blanches. Sa cape aussi volait dans le vent, mais une fibule en or la maintenait en place. Sur son dos, il portait un arc en bois et à sa taille une épée, soigneusement rangée dans son fourreau pourpre. C’était un Elfe des Bois, très agile, très grand et très fin comme tous ceux de son peuple.

Soudain, malgré le vent persistant, la forêt devint immobile et silencieuse. Les feuilles des arbres ne bougeaient plus. C’était le signe que le fils de Tinare, mère de la nature, attendait. Il appela sa monture, une magnifique licorne noire et ailée, l’enfourcha et partit immédiatement vers les siens.

***

Il était dit dans divers contes et légendes, qu'un couple de licorne qui arpentait la Terre... Le Male était le symbole de la virilité et la Femelle celui de la procréation. Si la corne de la jument était enlevée de son front, alors elle tomberait dans un profond coma. Le froid régnerait sur la terre et tout serait de glace et de neige. Seules les plantes résistantes au froid pourraient encore pousser. Les créatures maléfiques sortiraient de leurs antres pour pourchasser la licorne Male. Une fois la licorne attrapée ils pourraient commencer leur sale besogne : décapiter la licorne Male à une certaine heure et jour de l'année. S'ils réussissaient alors les créatures du démon régneraient à jamais.

Le soleil était guidé par la licorne Male s’il disparaissait le soleil cesserait de se lever et la Terre serrait plongée dans le noir complet.

Les licornes étaient douées de mystérieux pouvoirs dont celui de déceler l'impure. Les licornes vivaient dans la forêt de Faelle, elles n’en sortaient que pour aller dans les vertes prairies.

Le Male protégeait jalousement sa petite famille, si l'on s'approchait de la jument ou de ses poulains, il attaquait à coup de sabots ou de corne !

La licorne était une créature magique symbolisant la pureté, ses sabots étaient aussi durs que l'acier, ses naseaux dégageaient un léger filet de vapeur et sa corne lui servait de lance. Elle dégageait une aura magique et son intelligence la rendait plus difficile à dompter que des créatures plus grandes et plus fortes qu'elle ! Les licornes avaient en horreur toutes les créatures maléfiques et ne se laissaient jamais chevaucher par elles. Seuls les hommes ou les elfes pouvaient avoir ce rare privilège, à condition que leur coeur soit pur. De plus, les mages elfes sylvains appréciaient grandement ces montures puissantes et loyales.

***

Il fallut quatre jours de chevauchées à l’Elfe pour rejoindre sa contré adoptive. En effet, Yolm était un Elfe des Bois, mais, durant sa tendre enfance il a été adopté par Linnount une Elfe Ailée qui était la gardienne des portes de la ville. Ainsi elle lui permit de rentrer et une fois arrivé à Faelle, elle était devenue sa mère adoptive.

Linnount était une descendante directe des Elfes d’Argent qui avaient bâti la cité de Faelle. Elle avait de longs cheveux blancs et très brillants. Quand on la regardait, la brillance de ses cheveux donnait l’impression qu’elle dégageait une sorte d’aura, elle était très grande et très élancée. Elle possédait une prestance et un charisme imposant ressentis et respectés par tous. Linnount pratiquait la magie, l’art de la guerre, le druidisme et possédait un très bon jugement. Toutes ses qualités faisaient d’elle un atout majeur pour Faelle. Son peuple l’avait choisi, grâce à ces qualités, pour se charger des relations avec « le Monde Extérieur » ainsi que pour gérer les départs des Elfes pour « le Monde Extérieur ». Lors de l’une de ces excursions qu’elle avait trouvé Yolm seul dans un village d’Elfes des Bois qui avait été mis à sac puis détruit par une horde d’Orcs. Il était le seul survivant et vu son jeune age, il n’aurait eu aucune chance de survivre. Linnount l’avait donc pris sous son aile et lui avait inculqué tout ce qu'elle savait.

***

La forêt où avait été trouvé Yolm était la forêt de Celeb (argent en Elfique), une forêt à la fois enivrante et terrifiante. Elle était peuplée d’une multitude de créatures peu communes, petites ou grandes. On y trouvait une très grande variété de végétal de tout genre. Cependant, chaque espèce respectait l’autre ainsi, le chassé respectait le chasseur et le chasseur respectait le chassé.

Elle laissait sans voix par la richesse de sa faune et de sa flore. Une rivière la traversait, son eau était cristalline avec des reflets argentés. Elle s’écoulait entre les plantes et murmurait une agréable mélodie, accompagnée du doux son du vent qui faisait bouger les feuilles des arbres. Tout cela formait une parfaite symphonie. Les peuples de ces bois étaient silencieux la plupart du temps, et donc ne perturbaient que rarement cette agréable harmonie.

Elle était parsemée de clairières très ensoleillées où l’herbe y était fraîche, tendre et bien verte. Si l’on ne faisait aucun bruit et que l’on se dissimulait derrière des buissons les soirs de pleine lune, on pouvait y apercevoir des licornes blanches et noires.

Cependant, le calme qui y régnait était très inquiétant, surtout lorsque l’on sait que beaucoup de créatures peuplaient ces bois. En dehors des clairières, des bordures du cours d’eau et de quelques rares endroits, la forêt était très sombre, très touffue et très étouffante. En effet, il y avait tellement d’arbres et de plantes en tout genre qui poussaient les uns sur les autres que la lumière ne pouvait passer. Un seul être à la fois pouvait emprunter les sentiers tant ils étaient étroits et peu praticables.

Certaines espèces de plantes avaient disparu ou s’étaient transformées. Ne pouvant avoir accès à l’eau de pluie ou au soleil, certaines d’entre elles étaient devenues, pour survivre, carnivores.

Cette forêt, délaissée par presque tous, avait été au fil du temps oubliée, à de rares exceptions près. Quelques voyageurs tombaient dessus par erreur lorsqu’ils s’étaient égarés et très peu d’entre eux y entraient. Parmis ces courageux seuls quelques-uns retrouvaient leur chemin et quittaient cette étrange forêt. Mais chacun l’oubliait très vite.

***

Yolm était un élève exemplaire et attentif : il maîtrisait aujourd’hui toutes les connaissances des Elfes Ailés mais aussi celles des Elfes des Bois. Il considérait Linnount comme sa propre mère et elle le considérait comme son fils. Il était considéré par tous les Avariels comme un membre à part entière de leur peuple. Afin de combler les difficultés que Yolm pouvait rencontrer, ils lui avaient offert, grâce à leur puissante magie, une paire d’ailes. Elle n’était pas comme celles de ses « frères » certes (qui mesuraient de 2 à 4 mètres et qui étaient blanches, grises, noires ou marrons, les siennes étaient argentées), mais elles comblaient son « handicap » certain.

Ce qui était étonnant quand on savait que les Elfes Ailés avaient peu de considération pour les créatures qui ne volaient pas. D’ordinaire au mieux ils les plaignaient, au pire, ils se moquaient d’elles. Ces elfes étaient aussi appelés les Avariels, ils étaient alliés avec d’autres créatures volantes telles que les Griffons.

***

Faelle était une cité au milieu de la forêt qui était constituée de 200 âmes. Ceux-ci étaient repartis en fonction de leurs taches et étaient dirigés par un Conseil composé de 5 membres. 4 étaient élus tous les 100 ans et seul Astara y possédait un siège a vie. Ceci était très étonnant pour des Avariels, car d’ordinaire il n’y avait que deux répartitions : les guerriers et les penseurs !

Astara était le grand scriptographe de Faelle. Il était sage et posé. Il portait une longue robe pourpre. Ses cheveux étaient longs et blancs. Ses yeux étaient, malgré son age, très perçants et d’un bleu profond. Il était assez grand et très fin. Astara était toujours accompagné de deux elfes : Similine et Slamonel. Il était bon, agréable et chaleureux. Son rôle au sein de la cité était de retranscrire les récits des voyageurs. Il les emmenait au pied de l’Arbre-Mémoire et d’une de ses pousses afin que leurs récits soient entendus par ces arbres qui les mémorisaient à leur tour pendant qu’Astara les notaient dans son grimoire.

Sintaelle était Scrutatrice du présent. Elle était d’apparence très humaine. Son rôle était de se rendre au Grand Etang du Présent, un lieu magique où elle pouvait suivre et observer les Avariels qui étaient partis voyager et qui portaient un Goutte de Présent (sorte de cristal de détection). Son rôle consistait en fait à veiller sur les voyageurs de la cité.

Lebenn était quant à lui un découvreur du passé. Il était responsable du Bassin du Passé. Il cherchait le passé de leurs visiteurs. Sa vocation lui venait du fait qu’il avait été pendant longtemps un voyageur et avait assisté à de multiples batailles dont leurs origines venaient du passé.

Metillos était le Grand Jardinier et Urbaniste de Faelle. Il s’occupait des jardins mais aussi des constructions de bâtiments et autres.

Évidemment Linnount faisait également partie de ce Conseil !

Ce peuple était considéré comme disparu car il se cachait et vivait dans le secret. Il était donc méconnu des autres races. Il était très bon guerrier et surtout impitoyable. Pour lui le principe de reddition étant hautement déshonorable, un combat mortel se finissait forcément par la mort de l’un ou l’autre des adversaires. Leur Dieu est Aerdrie Faenya, la Déesse des cieux.

***


Yolm fit un signe de tête à sa mère qui lui ouvre les portes de la Cité. Elle s’avança vers lui.

- Tu as fais bon voyage mon fils ?
- Très bon mais l’air de Faelle me manquait.
- As-tu trouvé ce que tu cherchais ?
- J’apporte des nouvelles du « Monde Extérieur », il faut réunir le Conseil immédiatement, dit-il d’un ton calme et plat.
- Très bien, va te restaurer et te reposer, le Conseil se réunira demain.

Linnount le suivit des yeux, inquiète mais fière de son fils qui était revenu indemne et changé. Il avait grandi, c’était un Elfe adulte maintenant. Ce n’était plus l’Elfe adolescent qui l’avait quitté et cela lui faisait peur.


Le soleil venait de se lever, mais Yolm ne dormait toujours pas. Il savait que quelque chose se préparait, mais il ne savait pas quoi exactement. Il savait qu’un drame s’était produit, que le mal était réveillé et que la guerre allait s’emparer du monde mais il en ignorait la cause. Quant les premiers rayons du soleil vinrent traverser la fenêtre de sa couche, Linnount entra dans la pièce. S’était une petite chambre bâtie à la cime de l’Arbre du Présent. Elle s’approcha de lui :

- As-tu bien dormi ?
- Je n’ai pas trouvé le sommeil, mais ce n’est pas important. Le Conseil est réuni ?
- Oui, nous n’attendions que toi.

Elle lui fit signe de partir. Elle le précédait et ils se rendirent au pied de l’Arbre-Mémoire, là était réunis le Conseil. Chacun savait ce qu’il se préparait quelque chose, ils attendaient juste une confirmation de leurs soupçons. La salle était grande et petite à la fois, grande par sa hauteur mais petite par sa place au sol. Il y régnait un grand silence qu’Astara fut prompt à rompre.

- As-tu fait bon voyage Yolm, fils des bois ?

Yolm fit signe que oui

- Venons en au but ! Qu’as-tu apprît pendant ton périple ?
- Les vents ont tourné, les forêts ne parlent plus, même les rivières s’écoulent silencieusement. Quelque chose de mauvais s’est réveillé ! Quelque chose de grand et de puissant.
- Tu nous apportes des nouvelles fortes inquiétantes. Ce que nous soupçonnions s’est produit. Dit-il d’un ton grave. Son visage avait changé, de même que ceux de tous les membres du Conseil. Sa mère lança à Yolm un regard inquiet. Puis il reprit. De tous nos envoyés, tu es le seul à être revenu. Peut-être est-ce par ce que tu connais le langage des plantes vu ton origine ? Je ne sais pas. Mais une chose est sûre, tu as eu plus de chance que les autres. Ce que tu viens de nous dire confirme notre crainte. Te rappelles-tu de la légende du Cristal de Vie ?

Yolm fit un signe positif de la tête.

- Tout ce que tu viens de nous dire signifie qu’il a été brisé, et que ses morceaux ont été éparpillés par le vent.
- Mais que cela signifie-t’il pour nous ? Demanda naïvement Yolm.
- Cela signifie que le mal peut à nouveau se répandre sur le monde.
- Que pouvons-nous y faire puisque le cristal a été brisé ?
- Il nous faut retrouver tous les fragments et reformer le cristal au plus vite.
- Comment les retrouver le vent a dû les porters à travers le monde. Ils peuvent être partout
- Je vais t’expliquer la partie de la légende que tu ne connais pas. Le cristal a déjà été brisé. Un membre de chaque race d’Elfe a été envoyé à la recherche de ses morceaux. Nous y sommes parvenu et avons reconstitué le cristal. Il a été remis à sa place. Mais pour retrouver les morceaux un sort existe et seul notre peuple en a la clef.
- Alors qu’attendons-nous ?
- Tu es bien pressé jeune Elfe ! Se sort est connu que par ta mère car s’est elle que nous avions envoyée, il y a de cela 1000ans. Ce sera donc elle qui choisira lequel d’entre nous partira pour cette quête. Celui qui partira sera seul car les autres peuples ont oublié l’histoire. Nous ne pouvons nous permettre d’envoyer plus d’un guerrier car, en cas d’attaque, la Cité sera sans défense. Cet Elfe devra retrouver les cinq morceaux du cristal.

Linnount prit à son tour la parole

- Si je dois choisir quelqu’un se sera à contrecœur que je désignerais mon fils. Il incarne à lui seul la puissance de deux peuples. Il en a la force et le courage, mais s’est à lui de faire le choix. On ne peut t’y forcer Yolm et nul ne peut te blâmer de refuser ! Les dangers sont grands et tu seras seul. Tu ne devras te fier à personne, tu n’auras que ton jugement et ton instinct.
- Se sera un honneur. J’accepte. Dit-il sans hésitation.

C’est sur ces mots que le Conseil prit fin.



Chapitre II





Après une nuit de sommeil Yolm, le cœur serré, se dirigea vers sa mère qui l’attendait à l’entrée de leur demeure. Elle fixait l’horizon d’un regard mélancolique. Elle ne l’avait pas entendu s’approcher, perdue dans ses pensées. Soudain Linnount remarqua sa présence.

- Tu es déjà levé ? Elle tenta de cacher à son fils son inquiétude. As-tu bien réfléchi ? Es-tu sûr d’être près pour ce voyage ? Ce n’est plus un entraînement l’avenir de notre monde dépend de ton échec ou de ta réussite.
- Ne t’inquiète pas. Dit-il tendrement. Je connais très bien les enjeux de ma quête. Tu l’as dit toi-même au Conseil hier. J’ai un avantage certain, je suis à la fois un Avariel et un Elfe des Bois. Je possède donc la magie et le savoir de deux peuples. Si je refuse, un autre que moi moins avantagé par sa situation prendra ma place et qu’il réussisse ou qu’il échoue, je me sentirais coupable.
- Tu devras affronter de multiples dangers, en as-tu conscience ?
- Oui mère, je le sais que trop bien.
- Alors qu’il en soit ainsi. Va préparer ton départ.

Yolm partit voir Oulgar, le forgeron, afin qu’il lui remette des armes. La forge d’Oulgar était à la cime du plus vieux et plus haut chêne de la cité. Elle était creusée dans le tronc de l’arbre. Le forgeron était très habile dans son travail et était considéré comme le meilleur forgeron de tout le royaume.

Oulgar vit Yolm s’approcher timidement de l’entrée.

- J’ose espérer que lors des combats que tu devras mener, tu seras moins timide ! Allez rentre, n’ai crainte, tu ne me déranges pas.

C’était un très vieil Elfe. Il était bossu et très laid, mais Yolm l’appréciait beaucoup. Il savait que cet Elfe était très bon et très généreux malgré ses airs de vieil ours grincheux. Il entra dans la forge.

- Tu viens pour ton voyage n’est-ce pas ?
- Oui, je pense avoir besoin d’armes plus puissantes et plus solides que les miennes ainsi que des flèches, il ne me reste que très peu.
- Très bien. J’ai ce qu’il te faut. Tu vois cette épée là-bas ?

Yolm fit signe que oui.

- Quand ta mère ta trouvé, une épée était près de toi, Elle me l’a confiée en me disant qu’un jour tu en aurais besoin. Elle savait que tu devrais un jour partir. J’ai donc forgé cette épée en mêlant son acier et de l’acier Avariel. Elle combine donc la force et le savoir de tes deux peuples.

Yolm la saisit. Sa lame était brillante et l’ensemble étonnamment léger.

- En ce qui concerne ton arc, il a été conçu par ton peuple d’origine. J’ai donc forgé cette nuit des flèches avec notre métal, pour les mêmes raisons que j’ai combiné les deux métaux.

Oulgar fouilla dans ses affaires et en sortit un Poignard.

- Pour finir, prend ce poignard, il m'a été offert par un Elfe Aquatique (ou des mers). Mets-le à ta cheville et pars finir tes préparatifs.
- Merci pour toute l’aide que tu m’as apporté mon ami. Je te dois beaucoup.
- Tu me remercieras quand tu rentreras victorieux de ta quête.

Yolm prit congé du forgeron et partit d’un pas assuré et fier voir Yami : une jeune Elfe très belle et très gracieuse. Yami était chargée de rassembler la nourriture et l’eau pour les Elfes partant en voyage. Quand Yolm entra dans la pièce où elle se tenait, il ne dit pas un mot, mais la fixait de son regard argent. Ses cheveux bleu ciel étaient très longs et très brillants, elle portait une robe ample d’un vert si pale qu’elle paraissait blanche. Elle lui fit signe de s’avancer et lui montra ce qu’il devait prendre, puis Yami lui fit signe de partir. Quand il franchit la porte elle murmura :

- Adieu et bonne chance Espoir.

Espoir était le nom qu’elle lui donnait quand ils étaient enfants et qu’ils jouaient ensemble.

Yolm n’entendit pas ce qu’elle lui avait dit. Il se dirigeait maintenant vers les écuries où l’attendait Krimm, leur responsable. Il entra et vit Krimm agenouillé près d’une licorne noire, il n’avait pas remarqué la présence de Yolm qui se fit remarquer par une quinte de toux.

- Tu es déjà là ! Constata Krimm. Je t’ai préparé Nolë (connaissance) ta monture habituelle. Elle a un sale caractère, mais avec toi elle semble bien s’entendre.

Malgré qu’elle fut noire seul le bout de ses ailes portait une tache blanche. Tous deux s’entendaient à merveille : c’était sur elle qu’il a fait ses premières armes de cavalier. Elle avait toujours été très douce et très calme avec Yolm, alors qu’avec ses autres cavaliers, elle n’en avait toujours fait qu’à sa tête.

- Je te remercie Krimm.
- Ne me remercie pas. Je ne fais qu’obéir aux ordres du Conseil. Si ça ne tenait qu’à moi tu serais resté ici. Ce n’est pas le rôle d’un adolescent de mener une telle quête. Il en a été décidé ainsi c’est tout. Maintenant que tout est prêt va et reviens victorieux ou ne reviens pas.

Sur ces mots un peu durs, Yolm se dirigea vers les portes de la Cité. Il fut arrêté par le Conseil. Astara s’avança vers lui.

- Tu n’oublies rien jeune Elfe ? Comment comptes-tu trouver les fragments du cristal ? Sais-tu seulement combien il y en a ?

Yolm se sentit rougir mais ne prononça pas un mot.

- Voici la carte qui te guidera vers les fragments du cristal. Ta mère a jeté un sort qui te permet de savoir où sont les cristaux, où tu te situe et où se trouve Faelle. Prends cette Goutte de Présent comme ça nous pourrons te suivre.

Linnount s’avança vers son fils.

- Prends soin de toi et que Tinare veille sur toi mon fils !

Yolm se retourna avant de franchir les portes. Il se sentit submergé par la mélancolie. Des souvenirs lointains remontaient : son enfance parmi les siens, les Elfes des Bois, son adoption, son apprentissage avec les Avariels, ses anciens et nouveaux amis… Il se ressaisit et prit son souffle pour enfin franchir les portes de la cité.

Quand les portes se refermèrent un grand vide envahit Yolm. Il était seul. Personne ne pouvait plus l’aider. Seul Nolë était là pour lui tenir compagnie. Il s’avançait dans le chemin tandis que Faelle rétrécissait derrière lui, jusqu'à ce qu’elle disparaisse complètement derrière les arbres. Yolm commença alors à se poser des questions :

- Ai-je fait le bon choix ? Suis-je réellement prêt ? Et si j’échoue ?

Comme si elle comprenait que son maître s’inquiétait, Nolë fit savoir qu’elle était là. Elle commença par hennir puis agita ses grandes ailes noires et blanches. Yolm se pencha sur son encolure et lui chuchota :

- Oui, mon amie, oui ma belle, je ne t’oublie pas je sais que tu es là !

Cela faisait maintenant plusieurs heures qu’ils avaient quitté Faelle et sa forêt. Ils étaient maintenant dans les plaines chaudes et arides de Cerca (Croc). Il faisait très chaud et Nolë commençait à avoir du mal à avancer. Yolm remarqua que la licorne commençait à se traîner, il décida donc de rechercher un point d’eau et d’y faire une halte. Grâce à l’un de ses pouvoirs d’Elfe des Bois, il trouva immédiatement une source d’eau. Tous deux s’y rendirent heureux de faire une pause. Après quelques heures de répit où ils purent boire et se reposer, ils reprirent la route.

Cela faisait presque cinq heures qu’ils avaient repris la route et toujours pas signe de la forêt de Romen (Aube). Yolm commençait à douter quand soudain à l’horizon apparut une masse sombre. Plus il se rapprochait et plus elle semblait grande. Au bout d’une heure, Yolm s’aperçu que cette masse informe n’était autre que la forêt de Romen. Après quelques heures encore, il se retrouva devant la forêt : elle était très sombre et très touffue, rien ne semblait y vivre. Nolë était très nerveuse : elle sentait quelque chose de maléfique, mais elle ne savait quoi.

Yolm commença à avancer prudemment, Nolë était de plus en plus agitée et avait de plus en plus de mal à avancer tant la forêt était dense. Yolm dû descendre de son dos pour la soulager de son poids et faciliter leur avancée. Il n’y avait pas un bruit, pas un être vivant, rien… Seul le bruit d’un cours d’eau lointain se faisait entendre.

Yolm décida de se diriger vers ce cours d’eau. Plus il s’en approchait et plus il lui semblait entendre une sorte de mélodie… Il entendait une voix, une voix féminine. Quand il arriva devant la rivière, il vit une créature dans l’eau. Caché derrière des buissons, il écoutait le chant mélodieux de la créature. Yolm n’arrivait pas à discerner quelle était cette créature. Soudain, Nolë marcha sur une branche. La créature se retourna, surprise, et s’apprêta à s’enfuir.

- Non ! N’ai pas peur! Ne parts pas !

La créature était une Elfe Aquatique : sa peau était d’un bleu très pale, rayée de blanc et ses longs cheveux étaient bleu marine. Ses yeux étaient très grands et d’un noir très profond. Les traits de son visage étaient extrêmement fins. Elle était grande et musclée, vêtue de coquillages, de coraux et de plantes.

***

Les Elfes Aquatiques, qui étaient aussi nombreux que leurs cousins terrestres, se montraient rarement. Ils sillonnaient les océans et les mers où on pouvait les apercevoir jouant avec des dauphins. Les Elfes des Mers, ainsi étaient-ils également nommés, fréquentaient beaucoup les hippocampes géants et les dauphins. Ils utilisaient les premiers comme montures et s'alliaient généralement avec les seconds : les deux espèces s'apportaient mutuellement de l'aide, chacune s'efforçant de subvenir aux besoins de l'autre. Ils possédaient des branchies, bien qu'ils puissent survivre sur terre. Mais les Elfes Aquatiques préféraient généralement ne pas s'y aventurer. Grâce à leurs couleurs ils jouissaient de la capacité typiquement Elfique de se fondre dans leur environnement naturel. Ils étaient donc difficilement repérables sous l'eau.

Les cités Elfiques sous-marines étaient faites de coraux, ornées de dômes en cristal scintillant. Dans ce paradis aquatique, on était frappé par la vision des éleveurs elfes veillant sur les bancs de poissons, et surtout par la paix qui régnait sous le déchaînement des eaux.

***

L’elfe ne bougeait plus elle restait là, immobile et l’observait de ses grands yeux noirs.

- Tu n’as pas à avoir peur de moi. Dit-il calmement. Je m’appelle Yolm et toi quel est ton nom ? Il s’approcha d’elle lentement sans faire de gestes brusques
- Mon nom est Féa (Esprit). Que viens-tu faire ici, dans cette forêt maudite ?
- Je me rends aux Montagnes de l’Oubli.
- Pourquoi ? Son visage se transforma. Sais-tu que les Orcs vivent depuis peu là-bas ?
- J’ai des affaires à régler. Je suis conscient du danger que représentent les Orcs.
- Sais-tu qu’ils sont des centaines ? Voir des milliers ?
- Oui. Mais dis-moi, pourquoi es-tu seule ? Où sont tous ceux de ton peuple ?
- Je viens des mers de Galadrhim (Fidèle), et mon peuple a choisit de rester là-bas. Moi je voulais savoir pourquoi il y a tant de remue-ménage du côté des peuples de la terre. Ainsi je suis partie pour comprendre.
- Et qu’as-tu trouvé ?
- Je sais que le mal se répand, je ne sais pas pourquoi ! Tout ce que je sais c’est qu’il faut faire quelque chose.
- Je sais.
- Tu sembles en savoir plus que tu ne veux bien le dire. Dit-elle d’un ton accusateur.
- Mon peuple m’a envoyé pour arrêter ce qui se trame. Yolm commençait à rougir.
- Il t’a envoyé seul ? Tu dois vraiment être exceptionnel ! Dit-elle d’un ton moqueur.
- Exceptionnel je ne sais pas mais particulier oui.

Elle le dévisagea.

- Pourquoi particulier ?
- Je suis à l’origine un Elfe des Bois, mais j’ai été adopté par les Avariels qui ont fait de moi, grâce à leur magie, l’un des leurs.
- Tu possèdes donc la magie, le savoir, les connaissances et l’art du combat de deux peuples. Je me trompe ?

Il acquiesça d’un signe de tête.

- Je comprends mieux. Mais tu es tout de même seul. Bien sûr tu as ta monture, mais, en cas de problème, elle ne pourra te défendre. Féa regardait la licorne qui semblait être d’accord avec elle.
- Certes mais s’est ainsi, mon peuple ne pouvait envoyer plus d’une personne car, en cas d’attaque, la Cité se retrouverait sans défense.
- Je comprends bien. Accepterais-tu que je t’accompagne car c’est aussi mon monde qui est en danger !
- Mais les Elfes aquatiques ne doivent-ils pas rester à proximité de l’eau pour survivre ?

Féa éclata de rire.

- Vous, les peuples de la terre, êtes trop drôles ! Vous pensez que parce que nous vivons dans l’eau nous devons y rester perpétuellement proche ! Mais toi est ce que tu dois rester dans la forêt ou en l’air sans cesse ? Non !!
- C’est vrai tu as raison ! J’ai trop de préjugés. Excuse-moi si je t’ai froissée.
- Tu es pardonné. Mon peuple a aussi beaucoup d’idées dans ce genre sur vous ! Mais tu n’as pas répondu. Je peux t’être très utile. Je maîtrise parfaitement mes pouvoirs liés à l’eau et l’art du combat de mon peuple. Dit-elle fièrement.
- Très bien. Mais se sera dangereux en es-tu consciente ?
- Oui.
- Sais-tu monter à cheval ? Car je n’ai que Nolë ma licorne pour me déplacer.
- Bien sûr.
- Nous venons de marcher toute la journée et il nous faut donc nous reposer.
- Très bien, reposons-nous cette nuit et nous partirons demain au levé du soleil.
- Très bonne idée.
Par Rickaël - Publié dans : Le Cristal Désuni
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